Classes à 12 élèves dès la rentrée : "On reste dans la tradition délétère du ministère de l'Education qui empile les réformes"

Emmanuel Macron s\'est engagé à ramener à 12 le nombre d\'élèves par classe en CP et CE1 dans les écoles des réseaux prioritaires et prioritaires renforcés.
Emmanuel Macron s'est engagé à ramener à 12 le nombre d'élèves par classe en CP et CE1 dans les écoles des réseaux prioritaires et prioritaires renforcés. (MAXPPP)

Emmanuel Macron a annoncé la mise en oeuvre progressive, à partir de la rentrée de septembre, de la limitation à 12 du nombre d'élèves par classe de CP et CE1 dans les zones les plus prioritaires. Une mise en place jugée irréalisable par plusieurs syndicats d'enseignants de Haute-Garonne, qui appellent à manifester mardi.

Plusieurs syndicats enseignants de la Haute-Garonne appellent les enseignants à faire grève mardi 30 mai, avant un rassemblement devant le rectorat. Ils redoutent notamment les effets de la mise en œuvre, dès septembre prochain, de l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron : limiter à 12 le nombre d'élèves par classe de CP et CE1 dans les zones les plus prioritaires. 

L'avenir du dispositif "Plus de maîtres que de classes" en question

Le premier volet de cette mesure concernera quelque 2 200 classes primaires en France dès la rentrée 2017, a indiqué lundi le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, conformément aux engagements du président qui, pour ce faire, compte procéder dans un premier temps par redéploiement de milliers de postes. 

Sur Toulouse, cela représente environ 30 postes dans une ville où chaque année l'effectif d'élèves augmente fortement, avec un impact sur toute la chaîne scolaire, estime le SNUipp-FSU. "Ce que l'on redoute, c'est que cette mesure capte les moyens nécessaires au fonctionnement de l'école et détricote le dispositif "Plus de maîtres que de classes" qui avait été mis en place (en 2013) et qui n'est pas encore évalué", explique Jean-Philippe Gadiet, co-secrétaire départemental du SNUipp-FSU 31. 

On reste dans la tradition délétère du ministère de l'Éducation qui empile les réformes. Et ça, ça introduit du dysfonctionnement dans les écoles  Jean-Philippe Gadiet (SNUIpp-FSU)à franceinfo

Un redéploiement "dans la précipitation" 

Alexia Seguin est institutrice surnuméraire dans une école de dix classes en Haute-Garonne. Chaque jour, elle peut changer de classe pour épauler un professeur ou encore soutenir des élèves. C'est sur ce contingent que le recteur d'académie pourrait puiser pour trouver un professeur à mettre devant 12 élèves de cours préparatoires en zone REP+ à la rentrée.

Si l'enseignante n'est pas contre l'idée d'effectifs réduits, la mesure lui paraît techniquement irréalisable. "Pour mettre en œuvre ces CP à 12, on redéploie un dispositif, qui était quand même très prometteur au niveau de la réussite des élèves, dans la précipitation, sans bilan, sans évaluation", déplore-t-elle. 

Je considère que c'est une mesure d'affichage qui va impacter fortement les équipes en termes d'organisation et de bâtiAlexia Seguin, institutrice surnuméraireà franceinfo

Par ailleurs, faute de locaux, 'l'inspecteur d'académie envisage de mettre des Algéco dans les cours, et la mairie de Toulouse de mettre des cloisons pour partager les classes là où c'est possible", indique Alexia Seguin. "Au final, c'est une mesure qui va consommer  énormément de postes et ce seront les enseignants, l'école et les élèves, y compris en zone prioritaire, qui en pâtiront", estime-t-elle. Pour toutes ces raisons, les grévistes demandent au ministre de repousser d'un an, au moins, ces évolutions. 

A Toulouse, le reportage de Frédéric Bourgade
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