Téléphone crypté et quatrième passeport de Benalla : des parlementaires d'opposition dénonce l'"amateurisme" et les "mensonges" de l'Elysée

Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018, au Sénat, le 19 septembre 2018.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018, au Sénat, le 19 septembre 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

Alors que le Canard enchaîné a révélé qu'Alexandre Benalla aurait "oublié" de rendre après son départ de l'Elysée un téléphone classé secret défense et un quatrième passeport, le sénateur LR de Moselle François Grosdidier et le député PS des Landes Eric Kerrouche évoquent leurs doutes sur franceinfo.

Invité de franceinfo mercredi 16 janvier, le sénateur LR de Moselle François Grosdidier, a indiqué que la commission d'enquête sur l'affaire Benalla allait interroger Christophe Castaner, Jean-Yves Le Drian et Patrick Strzoda sur les révélations du Canard enchaîné. Selon l'hebdomadaire satirique, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a "oublié" de réclamer à l'ex-chargé de mission de l'Elysée un quatrième passeport de service ainsi qu'un téléphone classé secret-défense, quand il a été licencié.

"On en apprend tous les jours, c'est un feuilleton", a commenté François Grosdidier, membre de la commission d'enquête sénatoriale qui reprend ses auditions cet après-midi.

À chaque fois, les infos que l'on a eues et qui nous ont amenés à poser des questions, nous les avons eues par la presse.François Grosdidierà franceinfo

Christophe Castaner, déjà auditionné en juillet dernier en tant que délégué général de LREM, sera cette fois entendu en sa qualité de ministre de l'Intérieur. "J'espère qu'il ne nous fera pas comme son prédécesseur [Gérard Collomb], la sagesse des trois singes : 'Je n'ai rien vu, je n'ai rien entendu et je ne peux rien dire'", a mis en garde François Grosdidier, dénonçant les "contre-vérités" du pouvoir et "un mensonge d'Etat" sur le "rôle effectif" d'Alexandre Benalla.

Jean-Yves Le Drian entendu pour la première fois

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sera également entendu "pour la première fois", a rappelé le sénateur de Moselle, "parce que c'est la première fois que cette affaire prend une dimension internationale", aves les révélations sur l'utilisation par Alexandre Benalla de passeports diplomatiques. L'ex-chargé de mission de l'Elysée est quant à lui convoqué le lundi 21 janvier devant la commission d'enquête sénatoriale.

"Qu'est-ce qu'on a va apprendre demain ?"

"Est-ce qu'[Alexandre Benalla] a vraiment arrêté de travailler pour l'Elysée ? Est-ce qu'il continue à avoir des liens particuliers ?", s’interroge de son côté le député PS des Landes Eric Kerrouche. "C'est quand même une question qui se pose avec cette actualité. Il faut absolument lever ces doutes. Soit Alexandre Benalla n'a plus de contacts avec l'Elysée, soit il en a encore, et dans ce cas-là, à quel titre ?", a poursuivi l'élu.

"Qu'est-ce qu'on a va apprendre demain ? Il y a eu les passeports diplomatiques, maintenant un téléphone crypté qui reste dans les mains d'Alexandre Benalla (…) Manifestement, il y a des dysfonctionnements qui s'affirment de plus en plus", a pointé Eric Kerrouche, dénonçant un "amateurisme" au sommet de l'Etat.

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