Passeports de Benalla: "Il faut dire la vérité" et "c’est au président de la République de le faire" estime la porte-parole des Républicains

 Laurence Sailliet était l\'invitée de franceinfo.
 Laurence Sailliet était l'invitée de franceinfo. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le ministère des Affaires étrangères affirme ne pas être parvenu à récupérer les passeports diplomatiques délivrés à Alexandre Benalla dans le cadre de ses fonctions après sa mise à pied. "Je ne comprends pas qu’on puisse gérer les choses avec tant de laxisme", a réagi sur franceinfo la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet. 

"Le président de la République n’a jamais vraiment répondu aux Français sur le rôle d’Alexandre Benalla à l’Élysée donc maintenant il faut dire la vérité", a demandé Laurence Sailliet, porte-parole et membre du bureau politique des Républicains, invitée de franceinfo jeudi 27 décembre. Le Quai d'Orsay a réclamé fin juillet à Alexandre Benalla la restitution de deux passeports diplomatiques qui lui avaient été attribués dans le cadre de ses fonctions à l'Élysée. Mais aucun passeport n'a été retourné pour le moment.

franceinfo : Quel est votre premier sentiment sur ces révélations ?

Laurence Sailliet : Je suis stupéfaite de voir cette affaire relancée. On demande que la lumière soit faite parce que c’est encore une succession de mensonges, de contradictions. Je ne comprends pas qu’on puisse gérer les choses avec tant de laxisme, que le Quai d’Orsay ait demandé une restitution des passeports, qu’il n’y ait pas eu de restitution et que personne ne s’en soit inquiété. Ça pose vraiment une question. Nous demandons que la lumière soit faite. Dans le premier épisode de cette affaire en juillet, le président de la République n’a jamais vraiment répondu aux Français sur le rôle d’Alexandre Benalla à l’Élysée donc maintenant il faut dire la vérité. Il faut que les Français sachent qui est cette personne et quelles pressions elle exerce exactement sur les uns et les autres. La France est très fragilisée par les épisodes des dernières semaines, nous ne pouvons nous permettre d’entrer dans une nouvelle année avec encore une affaire Benalla. Il y a une grande perte de confiance des Français, notamment dans le président de la République, donc on ne peut pas aggraver cette situation.

C’est ce qui explique le ton très ferme de l’Élysée dans cette lettre envoyée à Alexandre Benalla et au procureur de la République de Paris ?

Ce qui me surprend dans ce courrier, c’est qu’il demande à Alexandre Benalla si pendant ses fonctions à l’Élysée, il a éventuellement mené des affaires personnelles ou privées en utilisant son titre. Mais comment peut-on imaginer, compte tenu de la proximité qu’il avait avec le président de la République, que l’Élysée et le ministère de l’Intérieur ne sachent pas ce que les collaborateurs du président font de leurs journées ? Je suis, en tant que citoyenne, déjà très surprise par tout ça. Comment peut-on imaginer que l’Élysée questionne six mois après un ancien collaborateur sur ses activités alors qu’une affaire très grave a été révélée? C’est incompréhensible. Il y a une énorme opacité dans cette affaire et nous demandons que la lumière soit faite parce que tout ceci fragilise le pays.

Vous estimez qu'il faut des suites judiciaires ou une commission d’enquête parlementaire ?

Le président de la République a dit lui-même qu’il prenait la responsabilité de tout, il a dit de venir le chercher. Maintenant, qu’il dise la vérité aux Français. Peu importe la forme, il est temps que les Français sachent exactement ce qu’il en est de cette affaire, et c’est au président de la République de le faire. On ne peut pas continuellement se poser des questions sur le fonctionnement de l’État.

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