"On ressort noyé sous un flot de paroles", réagit le porte-parole des Républicains après l'audition d'Alexandre Benalla

Gilles Platret, porte-parole des Républicains, lors d\'un point presse du parti, le 19 février 2018.
Gilles Platret, porte-parole des Républicains, lors d'un point presse du parti, le 19 février 2018. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

Gilles Platret, porte-parole du parti Les Républicains, a estimé que les déclarations mercredi de l'ex-chargé de mission de l'Elysée devant la commission d'enquête du Sénat ont amené "presque plus de questions que de réponses".   

L'audition d'Alexandre Benalla, mercredi 19 septembre, devant la commission d'enquête du Sénat n'a pas convaincu Gilles Platret, porte-parole du parti Les Républicains (LR) et maire de Chalon-sur-Saône.

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"On ressort noyé sous un flot de paroles", a-t-il déclaré. "Le grand absent de cette commission, c'est évidemment le président de la République, il est partout présent", a ajouté Gilles Platret.

franceinfo. Avez-vous des réponses sur les questions que vous vous posiez ?

Gilles Platret. On ressort de cette audition noyé sous un flot de paroles. On s'attendait à une parole rare, mais en réalité, ça a été l'inverse et on en ressort avec presque plus de questions que de réponses. Alexandre Benalla est resté très flou sur ses missions réelles, notamment sur ses états de mission de police et de sécurité. Il a des longs tunnels pour éviter de répondre précisément quand les questions le gênent : sur le motif de délivrance de son arme, sur sa "propulsion" à un grade aussi élevé [de lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle]. Les réponses qu'on attendait ne sont pas venues. Le grand absent de cette commission, c'est évidemment le président de la République, il est partout présent. On voit bien que cet homme [Alexandre Benalla] a été avantagé, protégé et qu'il est passé de la protection aux privilèges. Les réponses qu'il a données ne permettent pas du tout de dissiper ce doute, au contraire, elles le confortent.

Alexandre Benalla justifie son port d'arme en parlant de sa sécurité personnelle, êtes-vous convaincu ?

Pas du tout. Lorsque l'on écoute les autres témoignages recueillis par cette commission, ou bien dans la presse, on a des versions complètement différentes de celle de M. Benalla. Nous faisons confiance à la commission du Sénat pour faire la lumière sur cet amphigouri de propos très longs mais qui ne nous contente pas sur le plan de la vérité. Le fond de l'affaire, c'est : est-ce que M. Benalla a bénéficié de protections en dehors des lois de la République ? À l'issue de ces deux heures trente d'audition, on n'a pas, de sa part, un démenti circonstancié et argumenté. Donc, le doute demeure sur le rôle d'Emmanuel Macron sur la protection et les privilèges donnés à ce personnage.

N'est-ce pas aussi le résultat des mauvaises habitudes prises au cours des dernières décennies ?

Je veux bien qu'on nous dise que tout cela, c'est la faute d'hier. C'est l'argument régulier d'En Marche, en se présentant comme les tenants du nouveau monde. La vérité, c'est que l'on voit bien dans cette affaire qu'il y a des comportements qui sont sortis du cadre de la loi et que ces comportements ont amené à des dérives. Avec les images, que M. Benalla n'a d'ailleurs pas démenties, on voit bien qu'il est en dehors du cadre de la République. Quel crédit apporter donc à ces propos ? Lorsqu'il entame cette audition en présentant des pseudo-excuses après avoir insulté le Sénat ? On voit bien qu'il y a une stratégie de communication.

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