DIRECT. Le directeur de cabinet de Macron soupçonne Benalla d'avoir falsifié un document pour obtenir un passeport de service

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Après l'affaire des passeports diplomatiques d'Alexandre Benalla, les sénateurs souhaitent déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements dans les rouages de l'Etat.

L'affaire Benalla est de retour au Sénat. Mercredi 16 janvier, la commission d'enquête sénatoriale entend de nouveau Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, et Christophe Castaner, ainsi que pour la première fois Jean-Yves Le Drian, après de nouvelles révélations sur l'utilisation par Alexandre Benalla de passeports diplomatiques.

Des passeports diplomatiques utilisés "une vingtaine de fois". Alexandre Benalla a utilisé "presque une vingtaine de fois" ses passeports diplomatiques  entre le 1er août 2018 et le 31 décembre 2018, a indiqué Patrick Strzoda, directeur de cabinet de la présidence de la République, devant la commission sénatoriale.

Benalla aurait obtenu un passeport de service "grâce à un faux". Toujours selon Patrick Strzoda, l'ancien chargé de mission de l'Élysée a obtenu un passeport de service qu'il avait sollicité par "une note dactylographiée à en-tête du chef de cabinet" de l'Elysée non signée. Le directeur de cabinet du président de la République a affirmé qu'il "soupçonnait une falsification" et que la justice avait été saisie.

Première audition pour Jean-Yves Le Drian. Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, et Christophe Castaner, alors délégué général du parti présidentiel LREM, ont déjà été auditionnés ar la commission en juillet. Ce dernier sera cette fois entendu en sa qualité de ministre de l'Intérieur. Pour le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, il s'agit en revanche de sa première audition.

L'affaire des passeports au centre des interrogations. Alors qu'on pensait le point d'orgue atteint avec l'audition polémique d'Alexandre Benalla le 19 septembre, l'affaire a rebondi fin décembre avec la révélation de l'utilisation par l'ex-chargé de mission de l'Elysée de deux passeports diplomatiques, après son licenciement en juillet. Pour le président de la commission sénatoriale Philippe Bas (LR) et ses rapporteurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR), il s'agit d'aller jusqu'au bout du travail, avec l'objectif de déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements dans les rouages de l'Etat.

D'autres auditions prévues lundi. Sont également programmées pour lundi de nouvelles auditions d'Alexandre Benalla, l'ex-chargé de mission de l'Elysée, et de son acolyte Vincent Crase, ex-employé de LREM et chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie.

L'affaire se poursuit sur le terrain judiciaire. Outre l'enquête ouverte cet été sur les violences du 1er mai, le parquet a ouvert le 29 décembre une seconde enquête, cette fois sur les passeports diplomatiques, pour "abus de confiance", et "usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle". Patrick Strzoda a été interrogé la semaine dernière par la police judiciaire dans le cadre de cette nouvelle enquête.

22h35 : Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le ministre des Affaires internationales Jean-Yves Le Drian et le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, et Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, ont répondu aujourd'hui aux questions de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla. Voici ce qu'il faut retenir de ces nouvelles auditions.




(BERTRAND GUAY / AFP)

22h17 : "Si vraiment le directeur de cabinet du président de la République a connaissance du fait qu'il y a eu usage de faux pour obtenir un passeport, comment se fait-il que la justice n'ait pas déjà été saisie par l'Élysée, et que M. Benalla ne soit pas déjà en garde à vue ?"

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure revient sur les soupçons de l'Élysée concernant l'utilisation par l'ancien chargé de mission d'un faux pour obtenir un passeport de service.

19h33 : "Aucune information ne nous était remontée" avant les révélations de la presse.

Le Monde a révélé qu'Alexandre Benalla avait utilisé un passeport diplomatique pour se rendre au Tchad. Un fait que Jean-Yves Le Drian dit avoir appris, comme tout le monde, en lisant le journal. "Ce n'est que le 24 décembre dans un article que j'ai appris l'utilisation faite de ces passeports dans ses déplacements à l'étranger", a assuré le ministre devant les sénateurs.



(BERTRAND GUAY / AFP)

19h32 : C'est ensuite le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui a été entendu par les sénateurs. Il a notamment été interrogé sur l'affaire des passeports diplomatiques d'Alexandre Benalla. "Il n'y a pas de passe-droit particulier qui a été effectué à l'égard de Monsieur Benalla, assure-t-il. Il va de soi que mes services ignoraient le 24 mai 2018 [moment où son passeport a été reconduit après sa mise à pied] que Monsieur Benalla avait été suspendu de certaines de ses fonctions."

19h32 : Pendant que vous posiez vos questions à la secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon, le ministre de l'Intérieur a, de son côté, été auditionné par les sénateurs sur l'affaire Benalla. On l'a notamment interrogé sur les échanges, révélés par la presse, qu'auraient entretenus le chef de l'Etat et Alexandre Benalla après le licenciement de ce dernier. "Y a-t-il eu un message entre monsieur Macron et monsieur Benalla ? Je n'en sais strictement rien, et je n'ai pas vocation à le savoir", dit Christophe Castaner.



(BERTRAND GUAY / AFP)

17h37 : Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, explique devant la commission d'enquête du Sénat que la police aux frontières ne dispose pas des moyens techniques pour reconnaître les passeports diplomatiques invalidés. L'utilisation par Alexandre Benalla de ses passeports diplomatiques, même après son licenciement, n'a donc pas fait l'objet de signalement.

(PUBLIC SENAT)

17h17 : L'audition du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, devant la commission d'enquête du Sénat va démarrer dans quelques minutes. Vous pouvez la suivre en direct et en vidéo par ici.

(PUBLIC SENAT)

17h06 : Dans une lettre d'Alexandre Benalla à Patrick Strzoda, reçue fin décembre, l'ancien chargé de mission de l'Elysée assure qu'il n'a pas exercé d'activités privées en parallèle de ses missions à l'Elysée. Son contrat le lui interdisait mais Mediapart a assuré qu'il était lié aux principaux protagonistes d'un contrat de sécurité signé avec un oligarque russe.

16h41 : L'ancien chargé de mission a lui-même fait la demande d'un passeport de service le 28 juin dernier, en volant une feuille à en-tête du directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, assure ce dernier. Alexandre Benalla aurait ensuite transmis cette demande directement au ministère de l’Intérieur. L'Elysée a saisi le procureur de la République de Paris à ce sujet ce matin, assure aussi Patrick Strzoda.

16h39 : Patrick Strzoda accuse Alexandre Benalla de "falsification" dans l'obtention d'un passeport de service.

16h25 : Pour rappel, l'audition de Patrick Strzoda, ainsi que celles du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, puis des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, sont à voir en direct en vidéo ici.

16h24 : Le ton monte à la commission d'enquête du Sénat. "Vous ne savez pas grand-chose", lance le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur à Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron actuellement auditionné. Ce dernier s'indigne : "J’ai consacré beaucoup d’heures à préparer cet entretien. Je suis venu avec le souci de vous donner le maximum d’information. Si vous retenez de mes interventions que la maison n’est pas tenue, je peux vous assurer que c’est faux".

15h59 : La première utilisation de ces passeports remonte au 7 août, soit quelques jours après le licenciement d'Alexandre Benalla, précise Patrick Strzoda.

15h51 : Devant la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, assure qu'Alexandre Benalla a utilisé "une vingtaine de fois" ses deux passeports diplomatiques depuis son licenciement.

15h50 : La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla s'intéresse désormais aux passeports diplomatiques, qu'Alexandre Benalla a tardé à rendre à l'Elysée après son licenciement. "L'inventaire qui a été fait de son bureau à la date du 2 août confirme que ses passeports n'y étaient pas", assure Patrick Strzoda.

15h52 : "Je peux affirmer que monsieur Benalla n'est jamais venu à l'Elysée après la date de son licenciement", assure Patrick Strzoda.

(FRANCEINFO)

15h39 : Comment expliquer ce délai ? Patrick Strozda évoque des "dysfonctionnements" ou "un manque de réactivité". "J'ai déclenché hier soir une enquête pour savoir pourquoi les chefs de service n'ont pas demandé à Alexandre Benalla de restituer les matériels. J'attends les résultats et en tirerai toutes les conséquences", explique aussi Patrick Stzroda, face à la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla.

15h37 : Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron précise que le téléphone Teorem (un appareil sécurisé construit par Thalès) confié à Alexandre Benalla a été constaté manquant le 4 octobre (soit deux mois après son licenciement). Ce dernier a alors été désactivé. "Il n'avait plus été utilisé depuis le 1er juillet", assure-t-il.

15h32 : "Ce téléphone n'était pas classé secret-défense", assure Patrick Strzoda, qui ajoute qu'il avait été confié au chargé de mission "compte tenu de ses fonctions". "Il aurait dû le rendre" après son licenciement, assure-t-il.

15h29 : Muriel Jourda, rapportrice LR de la commission des lois, interroge Patrick Strozda sur le téléphone crypté dont bénéficiait Alexandre Benalla, selon Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire a assuré que le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron avait "oublié" de réclamer à Alexandre Benalla ce téléphone qui serait classé secret-défense.

15h26 : Le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas (LR), demande à Patrick Strzoda de ne pas "retenir des informations pour les réserver" aux enquêtes judiciaires en cours. Outre l'enquête ouverte cet été sur les violences du 1er mai, le parquet a ouvert le 29 décembre une seconde enquête, cette fois sur les passeports diplomatiques de l'ancien chargé de mission d'Emmanuel Macron, pour "abus de confiance", et "usage sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle".

15h42 : L'audition de Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel, devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, va démarrer. Vous pouvez la suivre en vidéo ici. Ce dernier est de nouveau convoqué devant le Sénat, qui doit boucler d'ici la fin du mois ses travaux sur l'affaire Benalla.

(Thomas SAMSON / AFP)

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