Affaire Benalla : "Les oppositions se saisissent de cette affaire pour se faire entendre"

Les députés de la France Insoumise à l\'Assemblée nationale. Photo d\'illustration.
Les députés de la France Insoumise à l'Assemblée nationale. Photo d'illustration. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

A l'Assemblée nationale, les députés ont repris la séance d'examen du projet de loi de réforme constitutionnelle. Toutefois, les séances des derniers jours ont été mouvementées par les échos de l'affaire Benalla.

Les gardes à vue d'Alexandre Benalla et Vincent ont été levées samedi 21 juillet dans la soirée, avant une présentation devant un juge qui doit intervenir ce dimanche. A l'Assemblée nationale, les députés ont repris la séance d'examen du projet de loi de réforme constitutionnelle dans l'hémicycle à 9h30 ce dimanche.

"L'opposition, tant elle a du mal à se faire entendre, tant le débat démocratique est un peu asphyxié, y va à fond"
pour se faire entendre dans le cadre de l'affaire Benalla, a estimé, sur franceinfo dimanche 22 juillet, Olivier Rouquan, politologue et enseignant-chercheur en science politique.

franceinfo : L'affaire Benalla est-elle en train de faire vaciller le président de la République ?

Olivier Rouquan : Je ne pense pas qu'on puisse indiquer ceci, mais il est clair que cela introduit une disruption entre un message global qui est fondé sur l'exemplarité, la régénération et une gouvernance et d'un fait divers grave qui ne correspond pas à la rigueur juridique et administrative qui est attendue et proclamée. Les premières informations que nous avons indiqueraient que l'Elysée a cherché à minimiser l'affaire et n'a pas pris les décisions, notamment en matière de suites (enquêtes administratives ou démarches judiciaires) en rapport avec les faits incriminés. L'Elysée a même conservé l'emploi à la personne qui doit répondre aujourd'hui de certains actes. Ceci tranche avec l'attitude du prédécesseur, François Hollande, qui, lorsqu'il a eu des collaborateurs qui étaient plus ou moins inquiétés, a pris des décisions très radicales tout de suite, ce qui a permis de calmer un peu le jeu.

Est-il exagéré de la part de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, de parler de "Watergate bis" ?

Cela montre à quel point aujourd'hui, dans ce paysage recomposé depuis un an, les oppositions se saisissent de cette affaire pour se faire entendre. Les termes "affaires d'Etat", "Watergate" sont très forts, l'Assemblée est désorganisée. L'opposition, tant elle a du mal à se faire entendre, tant le débat démocratique est un peu asphyxié, y va "à fond" pour parler familièrement.

L'opposition utilise-t-elle cette affaire pour retarder l'adoption de la réforme constitutionnelle ?

Cette réforme constitutionnelle est assez mal partie. Elle est assez brouillonne, il y a beaucoup d'amendements. Tout ceci paraît difficilement cadré donc ça se télescope, davantage encore depuis qu'Emmanuel Macron a fait la proposition, en Congrès à Versailles, de pouvoir à l'avenir débattre avec les parlementaires à la suite de la lecture d'un message. Imaginez, à quelques semaines près, ce que donnerait une telle proposition dans un tel contexte. Il y a donc des tas de choses qui se télescopent avec la fonction présidentielle, le rapport avec les parlementaires, la responsabilité politique, etc.

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