La Cnil va enquêter sur les données d'une étude controversée sur l'affaire Benalla

La Cnil a annoncé, le 9 août 2018, qu\'elle allait enquêter sur les données d\'une étude controversée concernant l\'affaire Benalla. 
La Cnil a annoncé, le 9 août 2018, qu'elle allait enquêter sur les données d'une étude controversée concernant l'affaire Benalla.  (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L'étude portait sur l'impact de l'affaire Benalla sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, de nombreux utilisateurs se sont plaints du fait que l'auteur de cette étude avait publié sur son site les fichiers des personnes ayant tweeté sur le sujet, et leur affiliation politique supposée.

C'est une étude qui ne passe pas. La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a annoncé, jeudi 9 août, qu'elle allait instruire "les plaintes dont elle a été saisie" concernant les conditions dans lesquelles une ONG belge a réalisé une étude sur l'impact de l'affaire Benalla sur les réseaux sociaux.

Les plaintes déposées concernent une étude réalisée par une organisation de lutte contre la désinformation, l'ONG belge DisinfoLab, qui cherchait à déterminer s'il y avait eu, ou non, une ingérence russe pour amplifier l'impact de l'affaire Benalla sur Twitter tout particulièrement.

Un profilage des utilisateurs

Sur le site de microblogs, de nombreux utilisateurs se sont plaints du fait que DisinfoLab avait publié sur son site les fichiers des personnes ayant tweeté sur le sujet, avec le nombre de messages ou de retweets, et leur affiliation politique supposée.

Les fichiers classaient les personnes en fonction du nombre de messages ou retweets en lien avec l'affaire Benalla. Mais un profilage des utilisateurs était également effectué : "pro-Mélenchon", "pro-Rassemblement national" (RN, ex FN) ou "russophiles". 

Sur Twitter, DisinfoLab a rejeté les accusations de fichage, expliquant que "ces données avaient été publiées à dessein de vérification méthodologique et afin de limiter la circulation d'un fichier erroné. Notre méthodologie consiste à exporter des données publiques de conversation et de les analyser". "Nous ne réalisons pas de fichage, mais nous comprenons que cela puisse être interprété comme tel, et en sommes profondément désolés", a ajouté l'organisation.

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