Affaire Benalla: «Il est clair qu’il a outrepassé ses fonctions d’observateur» note Édouard Philippe

Public Sénat

Lors des Questions d’actualité au gouvernement du Sénat, Édouard Philippe a livré sa première réaction à l’affaire Alexandre Benalla. « Il a outrepassé ses fonctions d’observateur. »

« Mettre un terme à l’intervention des barbouzes d’un nouveau monde dans les mouvements sociaux ». Aux questions d’actualité au gouvernement du Sénat, jeudi, la présidente du groupe communiste, Éliane Assassi n’a pas mâché ses mots pour qualifier ce qu’on appelle désormais l’affaire Alexandre Benalla. La sénatrice a demandé l’audition des ministres de l’Intérieur et de la Justice par la commission des lois. « Cette affaire d’État est grave, elle symbolise la violence sociale mise en place par votre gouvernement sur directive du président de la République (…) C’est l’expression d’une politique autoritaire dont les excès doivent aujourd’hui être dénoncés » a-t-elle martelé.

Alexandre Benalla présent en tant qu’observateur

Le Premier ministre a qualifié de « choquantes » les images où l’on perçoit Alexandre Benalla frappé un manifestant le 1er mai dernier. Édouard Philippe a également confirmé que le chargé de mission  et adjoint au chef de cabinet du président de la République, qu’il nomme « l’individu », n’était présent ce jour-là qu’à titre « d’observateur » des opérations de maintien de l’ordre. « Il est clair qu’il a outrepassé ses fonctions d’observateur » a-t-il ajouté, provoquant les rires des parlementaires.

“L’affaire est aux mains de la Justice et c’est bien ainsi”

Pour le reste, Édouard Philippe s’en remet « à l’enquête » en cours pour déterminer « les raisons de ce dépassement de statut d’observateur ». « L’affaire est aux mains de la Justice et c’est très bien ainsi ». Enfin, le Premier ministre a tenu à rappeler « qu’une sanction administrative » a été prise à l’encontre d’Alexandre Benalla.

Le sénateur PS, Rémi Féraud, a adressé une autre question au gouvernement, jeudi, concernant l’affaire Benalla. « Que faisait Alexandre Benalla sur place ? Qui lui a donné l’autorisation ? Quelles consignes aux policiers ? Y-a-t-il eu d’autres faits de même nature lors d’autres manifestations (voir cette vidéo sur des violences envers un journaliste de Public Sénat) ? Pourquoi cette affaire rendue publique hier a été dissimulée ? », interroge en salve Remi Féraud.

« Je tiens à condamner sans ambiguïté un acte inadmissible » répond Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur. « Il appartient à la justice d’établir les faits. Mais je veux souligner que ces deux personnes n’avaient aucune légitimité pour intervenir. Elles avaient été autorisées par la préfecture de police de Paris, à assister en tant qu’observateurs, au déroulement d’un service de maintien de l’ordre d’une manifestation » explique le ministre, qui précise que c’est une pratique courante qui « trouve sa justification dans l’objectif de transparence ».

L’inspection générale de la police nationale a été saisie

« Pour savoir dans quelles conditions ceci s’est passé, j’ai demandé à l’Inspection générale de la police nationale de préciser quelles sont les règles pour l’accueil et l’encadrement de ces observateurs, et s’il en existe, de vérifier dans ce cas précis, si elles ont été mises en œuvre » annonce Gérard Collomb.« Vous n’avez pas répondu aux questions que j’ai posées, (…). Votre réaction aujourd’hui n’est pas à la hauteur de la gravité des faits » conclut Rémi Féraud.

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