Présidentielle 2017 : "EELV a le projet qui va permettre de vivre à nouveau bien dans notre pays"

Le vainqueur à la primaire EELV Yannick Jadot le 2- novembre 2016 à Kolbsheim (Bas-Rhin).
Le vainqueur à la primaire EELV Yannick Jadot le 2- novembre 2016 à Kolbsheim (Bas-Rhin). (PATRICK HERTZOG / AFP)

Gagnant de la primaire écologiste, Yannick Jadot représentera son parti à l'élection présidentielle de 2017. Sur l'antenne de franceinfo, il s'est montré sceptique quant à ses chances de remporter le scrutin.

Invité de franceinfo mardi 8 novembre, Yannick Jadot, vainqueur de la primaire écologiste, a jugé qu'il n'était "pas sérieux" pour Europe Ecologie - Les Verts (EELV) de prétendre remporter la présidentielle de 2017. Il se présente pour remporter d'autres élections.

franceinfo : Pourquoi dire que vous ne vous présentez pas à la présidentielle pour gagner ?

Yannick Jadot : Je suis réaliste, je vois l'état du paysage politique et de l'écologie politique et je pense qu'il ne serait pas sérieux de considérer que l'on va gagner la présidentielle de 2017. Mais je veux gagner des élections législatives, des élections municipales. 

Si je veux être crédible sur la création d'emplois liés à la transition énergétique, sur mon plan pour limiter la souffrance au travail, sur le changement des institutions, sur la pollution de l'air, il faut que je sois crédible sur ma trajectoire politique.Je ne veux pas créer l'enthousiasme autour d'un coup de bluff, je veux créer l'enthousiasme autour de nos propositions. 

Comptez-vous vous allier avec le Parti socialiste pour mettre en œuvre ce programme, puisque vous ne pouvez pas gagner tout seul ?

Le Parti socialiste soutient un gouvernement qui, tous les jours, tourne le dos à l'écologie. Ce gouvernement continue à soutenir (le projet d'aéroport) Notre-Dame-Des-Landes, il continue à être obsédé par le nucléaire, quitte à sacrifier des centaines de milliers d'emplois qu'on pourrait avoir sur tous nos territoires !

Imaginez les territoires vivants qu'on pourrait avoir grâce à la transition écologique: transports collectifs, agriculture paysanne, cantines bio, PME des énergies renouvelables, artisans du bâtiment, services à la personne... Nous avons le projet qui va permettre de vivre à nouveau bien dans notre pays, qui va faire qu'on ne va pas regarder derrière, mais devant, en étant positif.

Ne faut-il pas forcément être élu pour imposer ce projet ?

On n'impose pas un projet politique. Ça c'est le cas des dictatures. Si on ne lutte pas contre le dérèglement climatique, notre avenir sera sombre quoi que l'on fasse. Il faut faire adhérer les Françaises et les Français à nos idées, à nos solutions. Il faut que chacun ait les clés du changement, c'est comme ça qu'on transformera la société.

Cécile Duflot, éliminée au premier tour de la primaire écologiste, vous a-t-elle félicité après votre désignation ? Quel rôle aura-t-elle dans la campagne ?

Elle aura le rôle qu'elle aura envie de prendre. On était tous là hier (lundi 7 novembre) et je crois que notre mouvement est uni et rassemblé. Il faut que tous les écologistes repartent à la conquête de la société. Il faut lancer une nouvelle dynamique pour une écologie qui construit, qui gagne, pour les victoires à venir dans les années qui viennent.

Nous avons, pour l'instant, environ 250 parrainages, ce sera difficile, mais ça veut dire trouver quatre parrains par département. Et j'espère que toutes celles et toutes ceux qui ont voté à la primaire de l'écologie seront des ambassadeurs de cette recherche et qu'elles interpelleront les élus.

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