Il y a 37 ans, un autre projet était abandonné par l’État : le Larzac

Après une dizaine d’années de résistance face au projet militaire du Larzac, François Mitterand l’avait finalement abandonné. La solution trouvée à l’issue de cette crise pourrait inspirer le devenir de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

L’abandon du projet controversé de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’est pas sans rappeler l’abandon du projet militaire dans le Larzac, après l’élection de François Mitterrand en 1981.  

Une cause qui devient vite nationale 

En 1971, l’armée veut étendre un camp militaire dans le Larzac, situé au sud du Massif Central. Mais les paysans s’opposent. 103 agriculteurs prêtent serment de ne pas vendre leurs terres à l’État. Les manifestations se multiplient et la cause devient vite nationale. Les manifestants sont rejoints par des sympathisants et certains décident de s'installer sur les terres préemptées par l'Etat. 

La résistance durera une dizaine d’années, durant lesquelles "on a été amenés à s'auto-gérer, à prendre nos affaires en main, à travailler d’une manière illégale, ce qu'on souhaite maintenant c'est que la même perspective continue." expliquait un agriculteur.

Après l’abandon du projet par François Mitterrand, une solution est trouvée pour qu’il n’y ait aucune expulsion. L’État accepte de confier les terres déjà achetées à la Société civile des terres du Larzac créée par les agriculteurs. Parmi les acteurs de la lutte, José Bové : "Chaque exploitant, quand on lui signera son bail, il est sûr de pouvoir rester sur le sol d’exploitation jusqu’au jour de se retraite. Les agriculteurs ont individuellement des baux de carrière, mais en même temps ils sont gérants collectivement de l’usage qui est du sol."

Vers un système de gestion collective des terres ?

Comme au Larzac, à Notre-Dame-des-Landes, aux côtés des agriculteurs historiques se sont installés des néo-ruraux. Ils exploitent la terre et ont mis en place des élevages, une menuiserie ou encore des boulangeries. Pour certains, le système de gestion collective des terres du Larzac pourrait inspirer une solution à Notre-Dame-des-Landes. C’est le cas de José Bové, aujourd’hui eurodéputé Europe Écologie Les Verts : "L’état d'esprit qu'on a initié au Larzac en 1981, puis le montage juridique qu'on a été emmenés à signer avec l'Etat, ça c'est transposable. Après comment ça vivra en interne, quels seront les projets, c’est l'histoire de Notre-Dame."

Si le projet Notre-Dame-des-Landes pour Camille, habitant de la ZAD, "ça ne pourra pas être un copier-coller du Larzac parce qu'on n'est pas à la même époque, avec la même histoire, avec les mêmes personnes.", il estime quand même que "ça fait partie des inspirations possibles" sur le devenir de la ZAD.

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