De Rugy, Placé, Lambert : ces écologistes coincés entre EELV et le PS

De gauche à droite : le député François-Michel Lambert, le sénateur Jean-Vincent Placé, la députée Barbara Pompili et le député François de Rugy, à Paris, le 4 avril 2015. 
De gauche à droite : le député François-Michel Lambert, le sénateur Jean-Vincent Placé, la députée Barbara Pompili et le député François de Rugy, à Paris, le 4 avril 2015.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Après le départ de François de Rugy, jeudi, d'autres cadres du parti envisagent de claquer la porte d'Europe Ecologie-Les Verts. 

Un vent de scission souffle sur les écologistes. Après le départ de François de Rugy d'Europe Ecologie-Les Verts, jeudi 27 août, François-Michel Lambert entend, lui aussi, claquer la porte du parti. Contacté par francetv info, le député des Bouches-du-Rhône dénonce à son tour une "dérive gauchiste" d'EELV.

"Le parti n'est plus ce qu'il devrait être : il ne parle plus d'écologie et d'Europe, affirme-t-il. Beaucoup de ses représentants pensent que la politique n'est que contestation étatique. Leur ligne, c'est que tout ce qui vient du PS est à rejeter."

Une longue liste de départs 

Un point de discorde chez EELV. Si l'aile droite du parti, représentée par Barbara Pompili ou Jean-Vincent Placé, n'exclut pas d'entrer au gouvernement, plusieurs cadres préfèrent, eux, se rapprocher du Front de gauche pour les élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. 

"La goutte d'eau" qui fait déborder le vase pour le sénateur de l'Essonne Jean-Vincent Placé, qui a, lui aussi, menacé de rendre sa carte EELV dans une interview accordée au Monde, le 20 août. Après Pierre Larrouturou, Daniel Cohn-Bendit, Noël Mamère, Isabelle Attard et François de Rugy, cela ne serait pas la première fois chez les écologistes qu'une divergence de stratégie déboucherait sur une rupture.

François-Michel Lambert veut créer "une forme d'UDI de l'écologie"

Mais quel est l'avenir pour ceux qui claquent la porte d'EELV ? "Il n'y a pas à se rapprocher du PS", affirme François-Michel Lambert, qui entend plutôt former une "union des écologistes", rassemblant "des militants, des associations et les représentants qui ne se retrouvent plus chez EELV". Si le député refuse, pour l'heure, de parler de parti politique, il ne cache pas que cette formation pourrait "basculer, à terme, en une forme d'UDI de l'écologie".

Dans cet objectif, le député des Bouches-du-Rhône tente de rassembler l'aile droite des écologistes et des personnalités du centre. "On va se parler au téléphone avec Jean-Vincent Placé, François de Rugy, France Gamerre de Génération écologie et Corinne Lepage", explique-t-il.

"Je ne suis pas sûre qu'une énième formation politique ait un grand intérêt"

De retour de vacances, Jean-Vincent Placé n'a pas souhaité commenter le projet du député des Bouches-du-Rhône. Contactée par francetv info, Corinne Lepage confirme l'existence de discussions entre les élus, mais reste réservée sur ce projet d'"union des écologistes" : "Je ne suis pas sûre qu'une énième formation politique ait un grand intérêt aujourd'hui." Les écologistes n'en ont pas fini avec les bisbilles. 

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