Des élus UMP ont qualifié Ali Soumaré tête de liste PS en Val-d'Oise, d'être un "délinquant multirécidiviste chevronné"

Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d\'Oise.
Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d'Oise.

Est-ce la conséquence des mauvais sondages ? Plutôt que de débattre des sujets qui préoccupent les citoyens, la droite francilienne s'intéresse aux CV de ses concurrents.Dimanche soir, sur France 3, le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et son adversaire UMP, Valérie Pécresse, se sont affrontés au sujet de M. Soumaré.

Est-ce la conséquence des mauvais sondages ? Plutôt que de débattre des sujets qui préoccupent les citoyens, la droite francilienne s'intéresse aux CV de ses concurrents.

Dimanche soir, sur France 3, le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et son adversaire UMP, Valérie Pécresse, se sont affrontés au sujet de M. Soumaré.

"Je ne participerai pas à une campagne de caniveau car je sais trop bien à qui cela profite: populisme, racisme, démagogie...", a déclaré M. Huchon, sous les protestations de Mme Pécresse. M Huchon s'est également interrogé sur la manière dont les pièces judiciaires et policières sont "parvenues" aux élus UMP, soulignant que certaines pièces liées à des procédures en cours ne sont pas "légalement accessibles"...

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a volé lui aussi au secours du candidat incriminé, accusant la droite d'"installer un climat insupportable" à trois semaines du premier tour, et "de montrer du doigt celles et ceux qui vivent dans les quartiers". "On met en cause sa probité, son passé. Il reconnaît que quand il avait 18 ans, il a fait de grosses bêtises pour lesquelles il a été condamné. Il a exécuté sa peine", a ajouté M. Hamon lors de son point presse hebdomadaire rue de Solférino.

Même tonalité du côté de l'ancien chef des socialistes François Hollande. "Il y a des règles à observer : on ne met pas sur la place publique des accusations sans en apporter la preuve", a-t-il déclaré sur Canal Plus. "Je ne sais rien de cette histoire (...) C'est un problème, bien sûr, et je pense que si c'était avéré, il y aurait des suites à donner mais en l'occurrence aucune preuve n'a été apportée", a-t-il ajouté dénonçant "un climat détestable" trois semaines avant le premier tour des régionales.

Selon le député de Corrèze, "aujourd'hui il n'y a pas de propositions qui s'installent (dans la campagne) parce qu'une polémique vient en chasser une autre".

L'avocat Jean-Pierre Mignard a annoncé qu'il saisirait "dans la semaine" le doyen des juges d'instruction de Pontoise d'une plainte en diffamation contre Francis Delattre et Sébastien Meurant, les maires UMP de Franconville et Saint-Leu-la-Forêt (Val d'Oise), à l'origine des accusations lancées vendredi.

Axel Poniatowski (UMP) parle "d'infamie"
Vendredi, Axel Poniatowski , tête de liste de la majorité présidentielle aux régionales en IdF dans le Val d'Oise, s'était déclaré "outré" d'apprendre que son adversaire socialiste Ali Soumaré est "un repris de justice, multirécidiviste qui plus est".

"Sa désignation comme tête de liste du Val d'Oise pour les élections régionales prend de fait un caractère infamant pour notre département. Comment le Parti socialiste a-t-il pu faire le choix insultant de nommer un délinquant lourdement condamné pour représenter les Valdoisiens?", s'interrogeait M. Poniatowski, qui est aussi secrétaire général adjoint de l'UMP.

Deuxième dérapage en moins d'un mois
Fin janvier, M. Delattre avait déjà déclenché une polémique en déclarant après l'investiture de M. Soumaré : "Au début, j'ai cru que c'était un joueur de l'équipe réserve du PSG. Mais en réalité, il était premier secrétaire de la section de Villiers-le-Bel. Ca change tout !".

La réplique n'avait pas tardé. La première secrétaire du PS Martine Aubry avait jugé que le maire de Franconville n'était pas "digne d'être un élu".

Certains candidats UMP gênés aux entournures

Interrogée par des journalistes de France 3, Mme Pécresse, en pleine campagne a quelque peu pris ses distances avec les mises en cause de ses homologues. "Soit ces condamnations sont vraies et à ce moment-là, c'est choquant. Mais je ne le sais pas", a-t-elle répondu. "Je n'étais pas au courant" de l'attaque de M. Poniatowski contre M. Soumaré. "Je crois qu'il faut qu'on sache où est la vérité. Et replacer tout cela dans le contexte d'une campagne dans le Val-d'Oise très violente, où l'honneur de M. Delattre a été attaqué".

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie et tête de liste UMP à Paris, Chantal Jouanno, a fait plus clairement part de sa gêne : "Cette campagne, je ne l'aime pas beaucoup, depuis le début" a-t-elle déclaré sur Radio J. "Il m'avait l'air d'être un homme très bien, je n'ai pas de difficulté avec lui" a-t-elle encore jouté à propos du jeune candidat.