Départementales dans l'Hérault : à l'approche des élections, l'incertitude pour plusieurs ports

(Le port de Bouzigues, dans l'Hérault © Cécilia Arbona / RF)

Malgré les dotations de l'Etat en baisse, le département de l'Hérault tente de maintenir l'investissement dans les 8 ports qu'il gère. Au Grau d'Agde, le Conseil général a débloqué 3 millions d'euros pour moderniser la Halle de la Criée.

Sur les 130 kilomètres de son littoral, composé de plages, d’étangs et de lagunes, c’est le plus petit port que gère le Conseil général de l'Hérault, mais c’est aussi le plus pittoresque. Les huîtres, les moules et les anguilles font vivre les 1 700 habitants de la commune.

Avenir incertain pour le port de Bouzigues

Le département a accompagné de nombreux aménagements du port de Bouzigues. Mais, cette année, ça coince sérieusement dans la caisse. Baptiste Archimbeau, capitaine de port :

"Il est vrai que les budgets et les enveloppes sont de plus en plus maigres. On ne devient pas marchands de tapis, mais nous sommes en train de travailler sur la vidéosurveillance du port et on essaye de tirer au plus bas les devis. Je pense qu’il y a de fortes chances que malheureusement le port ne reste plus départemental. Est-ce qu’il sera basculé sur la commune – mais c’est un investissement très très lourd, ou est-ce qu’il sera repris au niveau régional ? C’est un grand point d’interrogation ".

Un devenir incertain qui peut freiner les électeurs selon André David, producteur de coquillages et propriétaire d’un restaurant :

"On va voter pour des gens qui seront là combien de temps ? Quelles vont être leurs compétences ? Les gens ne le savent pas, donc on ne parle pas de ça comme on parlerait des présidentielles ou des européennes."
 

Trois millions d'euros pour moderniser la criée d'Agde

A 50 kilomètres de là, c’est le retour de pêche pour les chalutiers du Grau d’Agde. Après des travaux de réfection et d’allongement des quais, le Conseil général de l'Hérault a débloqué 3 millions d’euros pour agrandir et moderniser la halle de la criée.

(Retour de pêche au Grau d'Agde © Cécilia Arbona / RF)

"On évolue. Par exemple, maintenant à la criée d’Agde, on peut acheter des produits par internet. J’ai un acheteur en Espagne qui se connecte à la criée en vente aux enchères " explique Aurélie Dessaint, directrice de site.

"Nous, on vend quasiment 65% de notre production à l’export. C’était donc très important pour nous d’avoir un conditionnement qui corresponde à ce qu’attendent les acheteurs, notamment à l’étranger. Le conditionnement de la caisse est une caisse en polystyrène à usage unique. Donc le poisson est d’une qualité extraordinaire ".

 

De nombreux dossiers en souffrance... et plus d'argent dans les caisses

Mais, pour beaucoup de pêcheurs, les mesures prises jusqu'à présent ne sont pas satisfaisantes. 

"Ils parlent de nous aider en faisant des criées, d’accord, mais après on nous sanctionne sur beaucoup d’autres choses. Les limitations côtières, les maillages des filets. Ils agrandissent, c’est bien beau mais au lieu de mettre des millions là-dedans, ils devraient plutôt nous aider, ça leur coûterait moins cher. C’est pas ça qui nous ramènera du poisson ", s'écrie un pêcheur.

D’autres dossiers sont en souffrance. Sur les bureaux du département, le dragage des ports de Sète et du Mourre-Blanc à Mèze : les déchets et les sédiments s’accumulent dangereusement et pourraient un jour bloquer le passage des bateaux. Il faut donc nettoyer, mais ces opérations ont été mises en sommeil, faute de financement.

Reportage de Cécilia Arbona au port de Bouzigues dans l'Hérault
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