Le parti de Nicolas Dupont-Aignan écarte une candidate potentielle aux européennes après la découverte de tweets polémiques

Le député Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, à l\'Assemblée nationale, le 5 juin 2018.
Le député Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, à l'Assemblée nationale, le 5 juin 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

Sur Facebook, Emmanuelle Gave avait notamment écrit que "les musulmanes sont quasiment inemployables en tant qu'employées de maison ou nanny".

Le parti Debout la France, présidé par Nicolas Dupont-Aignan, a annoncé mercredi 20 février qu'il ne retiendrait pas la candidature aux élections européennes de l'ancienne avocate Emmanuelle Gave, après la découverte par l'émission "Quotidien" de messages controversés de cette dernière sur les réseaux sociaux. "Il y a eu un certain nombre de propos écrits, de tweets qui ne correspondent pas à la philosophie de Debout la France, a réagi Nicolas Dupont-Aignan sur France Bleu Paris. C'est dommage parce que c'est une femme compétente, mais je suis intransigeant."

Des milliers de tweets supprimés

En juillet 2018, cette dernière avait tweeté qu'elle trouvait qu'"il y a beaucoup trop de Noirs dans les courses de 100 m". Dans un autre message, publiée cette fois sur Facebook, elle jugeait que "les musulmanes sont quasiment inemployables en tant qu'employées de maison ou nanny".

Emmanuelle Gave a assuré au journaliste de l'émission de TMC qu'elle n'était "absolument pas raciste" et qu'elle avait "eu tort sur ce coup-là", tout en précisant qu'elle avait "une nounou algérienne qui [lui] a fait les pires problèmes de la Terre". "Evidemment quand on met tout bout à bout, on finit par se dire : 'Mais enfin c'est quoi cette fille, elle serait raciste, antisémite'", a-t-elle encore commenté devant la caméra de "Quotidien".

Déjà, dans la nuit du 11 au 12 février, soit quelques heures après la publication par le journal L'Opinion d'un article révélant que son père Charles Gave allait apporter près de 2 millions d'euros à la campagne de Nicolas Dupont-Aignan, l'avocate avait fait effacer quelque 10 000 tweets et retweets par une société spécialisée. Dans l'un d'eux, daté de mai 2018, elle se demandait si la liberté d'expression devait "pouvoir s'étendre à la réfutation de la Shoah".

"De fortes chances" d'être sur la liste

Emmanuelle Gave "a de fortes chances d'être sur ma liste", avait affirmé Nicolas Dupont-Aignan à l'AFP le 14 février. Elle même assurait qu'elle s'y trouverait en "position éligible". Le parti a finalement décidé de ne pas la retenir. "A la lumière des nouveaux éléments révélés ce soir par l'émission 'Quotidien' sur TMC et dont nous n'avions pas connaissance avant ce jour, le mouvement Debout la France (...) indique que la candidature d'Emmanuelle Gave ne sera pas validée par la commission d'investiture pour être sur la liste des élections européennes", a écrit le président de cette commission, Frédéric Mortier, dans un communiqué, mercredi.

Le communiqué ne précise pas, en revanche, si l'implication de son père, Charles Gave, dans la campagne est remise en cause. Ce partisan de la théorie - issue des milieux d'extrême droite - du "grand remplacement" avait déclaré à l'AFP qu'il "figurait" aussi sur la liste pour les élections européennes, en position non éligible, ce qui lui permet de contribuer financièrement sans plafond à la campagne.

Vous êtes à nouveau en ligne