Européennes : une candidate de Debout la France se moque d'un chauffeur de VTC sourd et muet et l'accuse de "radicalisme islamique"

Des chauffeurs VTC lors d\'une manifestation, porte Maillot à Paris, le 9 octobre 2015. 
Des chauffeurs VTC lors d'une manifestation, porte Maillot à Paris, le 9 octobre 2015.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Nadejda Silanina, numéro 8 sur la liste de Nicolas Dupont-Aignan, a publié des messages islamophobes et handiphobes sur Twitter, le 14 mai. Après des réactions indignées d'internautes, elle a supprimé ses tweets et présenté des excuses.

Des messages qui ne passent pas, à quelques jours des élections européennes. La candidate du mouvement souverainiste Debout la France Nadejda Silanina, numéro 8 sur la liste menée par Nicolas Dupont-Aignan pour le scrutin du dimanche 26 mai, a provoqué l'indignation après avoir accusé un chauffeur de VTC sourd et muet de "radicalisme islamique", a relevé le HuffPost, samedi 18 mai.

"#Islamisation Voilà le chauffeur du Kapten qui m’a emmenée ce matin à la gare. En + Il a prévenu par écrit qu’il était sourd et muet (c’est le ramadan) Heureusement il n’était pas aveugle", a écrit Nadejda Silanina sur Twitter mardi 14 mai, tout en publiant des photos non floutées du chauffeur et de son véhicule. Sur cette deuxième photo, une pancarte précisant que l'homme est malentendant et muet est clairement visible.

Dans un deuxième tweet, lui aussi supprimé, la candidate explique qu'elle a écrit à Kapten, le service de VTC pour lequel ce chauffeur travaille. "Pas de réponse bizarrement. Radicalisme islamique sur le lieu de travail", conclut-elle.

"Je reconnais m'être trompée"

Face aux réactions d'internautes dénonçant ses propos islamophobes et handiphobes, Nadejda Silanina a présenté des excuses sur le réseau social, samedi.

"J'ai supprimé mon tweet. Je reconnais m'être trompée et ne pas avoir vu l'appareil auditif, assure-t-elle. Je m'en excuse très sincèrement et regrette ce que j'ai écrit. Je respecte profondément les personnes en situation de handicap."

La candidate affirme, dans un deuxième message, que "ce n'est pas la première fois qu'un chauffeur en tunique ne veut pas [lui] parler". "Je voulais dénoncer la dégradation de la condition des femmes, rabaissées par des islamistes. C’est pourquoi j’ai réagi à chaud, j’ai commis une injustice à l'égard de cet homme", poursuit-elle.

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