La Haute autorité du PS tacle la déchéance de nationalité

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, le 15 décembre 2015 au siège du PS à Paris.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, le 15 décembre 2015 au siège du PS à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

L'organe éthique du Parti socialiste avait été saisi par des militants opposés au projet du gouvernement d'étendre la mesure.

La déchéance de nationalité ne fait décidément pas l'unanimité chez les socialistes. Le Haute autorité éthique du PS a rendu son avis, jeudi 21 janvier, sur le projet d'élargissement de la mesure, porté par le gouvernement. Le Lab a publié le document mardi 26 janvier. L'organe éthique du parti estime ne pas être compétent sur le fond. Il ne condamne donc pas clairement le projet. Mais il laisse clairement entendre qu'il n'y est pas favorable. Pas plus qu'à la manière dont la réforme est conduite.

La mesure "heurte la conscience" de militants PS

Le Haute autorité observe que la mesure "heurte la conscience de nombre des adhérents du PS". Elle "recommande" donc "aux instances du Parti la recherche du plus large consensus"L'organe éthique du PS avait été saisi fin décembre par des militants au sujet du projet d'élargir la déchéance de nationalité, jugée contraire à la "déclaration de principe" du PS.

Le président de la Haute autorité, l'avocat Jean-Pierre Mignard, bien que proche de François Hollande, est lui-même opposé à l'extension de la déchéance de nationalité. Il avait d'ailleurs cosigné une tribune dans Le Monde avec la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, pour dire "non à la déchéance de nationalité" mais "oui à l’indignité nationale". Quant au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, comme le rappelle Le Parisien, il l'a jugée pour le moins "discutable".