Virements suspects, tableaux, primes : les multiples affaires Guéant

Claude Guéant, l\'ex-ministre de l\'Intérieur, le 27 mai 2012 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Claude Guéant, l'ex-ministre de l'Intérieur, le 27 mai 2012 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). (THOMAS SAMSON / AFP)

Une perquisition menée fin avril au domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur continue d'alimenter les charges contre lui. 

Une affaire peut en cacher une autre. Venus perquisitionner au domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur fin avril dans le cadre du présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, les enquêteurs ont découvert un versement de plus de 500 000 euros, depuis l'étranger, sur un compte de Claude Guéant. Mais alors que sa défense est mise à mal dans ce dossier, l'Express.fr a révélé la découverte de nouvelles traces de virements suspects, dont 25 000 euros provenant de Jordanie

L'occasion pour francetv info de lister les éléments sur lesquels Claude Guéant est appelé à répondre. 

25 000 euros venus de Jordanie 

Un nouveau virement suspect, d'un montant de 25 000 euros et provenant de Jordanie, a été découvert sur un compte de Claude Guéant lors d'une perquisition, a révélé L'Express.fr mardi.

Selon le site de l'hebdomadaire, la police a découvert des éléments permettant d'attester de relations régulières entre Claude Guéant et plusieurs personnes connues du régime libyen : les hommes d'affaires Ziad Takieddine – contre qui Claude Guéant a porté plainte pour diffamation, mis en cause par ce dernier dans l'affaire du présumé financement libyen de la campagne de 2007 –  et Alexandre Djouhri, ainsi que l'avocat Robert Bourgi. Un téléphone portable a également été saisi.

500 000 euros en provenance de Malaisie 

Issu de cette même perquisition, menée le 27 février, un versement de 500 000 euros au profit de l'ex-ministre a attiré l'attention des juges.

Selon Claude Guéant, cette somme provient de la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais les experts contestent la valorisation de ces œuvres, tandis que Claude Guéant affirme tenir tous les justificatifs à disposition de la justice.

Des factures payées en liquide 

Pour justifier la découverte chez lui de factures en liquide par les enquêteurs, Claude Guéant a expliqué qu'elles avaient été réglées grâce à des compléments de salaire perçus lorsqu'il était conseiller au ministère de l'Intérieur, et provenaient des frais d'enquête et de surveillance (FES). Des primes courantes au ministère de l'Intérieur, indique-t-il, mais jugées peu crédibles par les policiers eux-même. 

Pourtant, comme Le Canard enchaîné l'a révélé, le même Claude Guéant condamnait cette pratique lorsqu'il était directeur général de la police nationale. "En aucun cas ces crédits ne doivent être considérés comme permettant d'alimenter un régime indemnitaire", avait-il indiqué. En d'autres termes, si comme il l'affirme, l'argent provient bien des FES, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy n'a pas respecté les consignes qu'il avait lui même édictées. 

Un tableau africain embarrassant 

Il représente "un couple africain naïf et coloré". Lundi 13 mai, un tableau offert par le président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est venu assombrir le quotidien de l'ancien locataire de la place Beauvau. La toile, réalisée par le peintre ivoirien James Houra, est-elle à sa place sur un mur du cabinet Guéant avocats ?

Selon le journal ivoirien Le Nouveau courrier, "ce cadeau a été fait à Claude Guéant [...] au cours d'une visite officielle en début novembre 2011."  Or, privatiser un cadeau reçu à l'occasion des visites effectuées à l'étranger va à l'encontre d'une circulaire gouvernementale (PDF), rédigée le 18 mai 2007 par François Fillon, alors Premier ministre. D'après cette circulaire, le ministre concerné doit faire enregistrer, par le service du mobilier national, le cadeau offert. Selon un journaliste du Monde, Claude Guéant ne l'a pas fait.

 

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