"Minute" voit sa une sur Taubira comme "un coup de pub pour zéro euro"

La une de l\'hebdomadaire d\'extrême droite \"Minute\", datée du 13 novembre 2013.
La une de l'hebdomadaire d'extrême droite "Minute", datée du 13 novembre 2013. (FRANCETV INFO)

Un journaliste de l'hebdomadaire assure que "Minute" a "prévu le coup sur le plan judiciaire" pour ne pas être attaqué.

"L’objectif, c'était de faire parler de nous. On voulait se payer un coup de pub pour zéro euro, le contrat est rempli au-delà de nos espérances." C'est ce qu'a confié un journaliste anonyme de Minute, interrogé par Les Inrocks à propos de sa une polémique consacrée à Christiane Taubira.

"Durant le week-end, nous n'avions pas vraiment d’idées de couverture. On pensait faire notre une sur la guerre de 14-18 et puis finalement l'un d’entre nous a proposé cette blague de comptoir sur Taubira. Ça a fait marrer tout le monde et on a alors décidé de la faire", explique encore ce journaliste.

"Nous sommes difficilement condamnables"

L'hebdomadaire ne craint pas de répercussions judiciaires. "C’est une couverture composée d’éléments de langage courant. On se doutait que SOS Racisme porterait plainte mais nous avons prévu le coup du point de vue judiciaire. Nous sommes difficilement condamnables", affirme un collaborateur du journal aux Inrocks.

Alors que Jean-Marc Ayrault a saisi le procureur de la République de Paris, l'avocat Richard Malka, spécialiste du droit de la presse, estime en effet que "ce titre de une a été choisi pour éviter une condamnation". "Les choses sont compliquées car les phrases sont anodines. (...) La charge ne se comprend qu'avec le contexte, et c'est le contexte qui fait que le message est horrible", explique-t-il à francetv info. L'avocat estime que "cette attaque ne porte que sur Taubira. Il ne s'agit donc pas de diffamation raciale ni d'incitation à la haine."