Cantonale dans le Var : la gauche se déchire sur les raisons de son élimination

Le candidat communiste à l\'élection cantonale partielle de Brignoles (Var), Laurent Carratala (en veste rouge), entouré par ses soutiens durant le dépouillement, le 6 octobre 2013.
Le candidat communiste à l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var), Laurent Carratala (en veste rouge), entouré par ses soutiens durant le dépouillement, le 6 octobre 2013. (MAXPPP)

A Brignoles, le PS et le PCF tiennent les écologistes pour responsables de la défaite de la gauche au premier tour.

Après la défaite, l'heure des règlements de comptes. Eliminée dès le premier tour de l'élection cantonale partielle de Brignoles (Var), dimanche 6 octobre, la gauche se déchire lundi sur les raisons de sa déroute. Soutenu par le PS, le candidat PCF a en effet recueilli 14,6% des voix, tandis que la candidate EELV a réuni 8,9% des suffrages. Une configuration qui laisse à penser que si la candidate écologiste avait soutenu le candidat communiste, la gauche serait qualifiée pour le second tour. 

Le PS et le PCF accusent EELV

Pour le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline, interrogé sur Europe 1, ces résultats "vérifient ce que nous disons depuis plusieurs mois : quand le FN est fort et haut, il faut absolument l'unité de la gauche dès le premier tour". Un discours également martelé sur France Info par le premier secrétaire du PS, Harlem Désir : "Quand le Front national est haut, on n'a pas le droit à la division."

Dans un communiqué, le Parti communiste, pour sa part, a directement accusé EELV de "porter la responsabilité de la seule présence de l'UMP et du FN" au second tour.

Les écolos dans l'embarras

Du côté d'Europe Ecologie, on essaie tant bien que mal de masquer un certain embarras. Avant ce scrutin, la direction nationale du parti n'a pas eu de débat sur l'opportunité ou non de maintenir la candidature de Magda Igyarto-Arnoult. "Pour les élections locales, ce sont les groupes locaux qui ont ces discussions, concède la secrétaire nationale adjointe du parti, Marie Bové, contactée par francetv info. De toute façon, on n'est même pas sûr que la gauche aurait été au second tour si notre candidate s'était désistée." En revanche, "cela doit faire réfléchir les écologistes sur la stratégie à adopter pour les municipales, en fonction des contextes locaux".

Quant au patron des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, interrogé sur LCI, il estime que cette défaite montre que "nous nous éloignons de l'électorat populaire". Résultat : "On arrive à une situation plus qu'inquiétante pour les forces politiques qui soutiennent le gouvernement."

Mélenchon cible Hollande et critique le PCF

De son côté, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a accusé François Hollande d'être "le principal pouvoyeur des voix du FN", se disant, sur France Inter"totalement consterné et très inquiet". 

Mais l'ancien candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle a également pointé du doigt ses camarades du Parti communiste, qui hésitent à présenter des listes communes avec le PS aux municipales. "Nous aussi, au Front de gauche, par notre confusion, notre irrésolution, nous donnons l'impression de ne pas savoir où nous allons", a-t-il déploré. Listes d'union ou listes autonomes : à gauche, le débat est en tout cas loin d'être refermé.