Béziers : la stratégie des affiches polémiques de Robert Ménard en cinq exemples

Une affiche de la mairie de Béziers, dans cette ville de l\'Hérault, le 19 septembre 2017.
Une affiche de la mairie de Béziers, dans cette ville de l'Hérault, le 19 septembre 2017. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

Une nouvelle campagne d'affichage lancée par le maire soutenu par le FN vise à dénoncer la baisse de dotations de l'Etat.

Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault) soutenu par le Front national, multiplie les campagnes d'affichage pour communiquer avec ses administrés, mais aussi pour régler ses comptes. Dernier exemple en date, l'affiche "L'Etat étrangle nos communes", placardée mi-septembre dans les rues de la ville. On y voit un homme, personnifiant l'Etat, y étrangler une femme, censée représenter les communes, victimes de baisses de dotations. Et ce n'est pas la première fois que Robert Ménard fait afficher des images chocs dans sa ville. En voici cinq exemples.

La lutte contre la baisse de dotations de l'Etat

Mi-septembre, de nouvelles affiches ont été placardées dans les rues de Béziers, avec un slogan : "L'Etat étrangle nos communes". L'affiche représente, en dessin sur fond mauve, un homme visiblement en colère, les mains enserrant le cou d'une jeune femme blonde, la tête renversée. Une publication associant baisse de dotations de l'Etat et violences conjugales qui n'a pas tardé a créer la polémique.

Cette affiche est "scandaleuse", selon les propos du préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel, rapportés par France Bleu Hérault. "Elle exalte la violence et la haine. Par son graphisme, elle rappelle des propagandes d'un autre temps qui ont fini dans les poubelles de l'histoire", dit-il dans un communiqué. Pour le préfet de l'Hérault, cette affiche "contient tous les ingrédients d'un populisme de caniveau que le maire de Béziers cultive sans vergogne."

La guerre contre les Galeries Lafayette

Le 7 avril 2017, Robert Ménard a dévoilé sa nouvelle campagne polémique qui proteste contre l'attitude de Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette"Cette femme possède 2 milliards d'euros mais elle en veut encore plus ! " affirme l'affiche, "2015 : elle ferme son magasin de Béziers... 2016 : elle en ouvre un au Qatar." Et de conclure en détournant le slogan de la marque ("la mode vit plus fort") : "Galeries Lafayette : Le fric vit plus fort".

Depuis le mardi 8 avril 2015, les panneaux publicitaires de Béziers exposent une nouvelle affiche de la mairie, qui dénonce l\'attitude de Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette qui a annoncé sa volonté de quitter la ville.
Depuis le mardi 8 avril 2015, les panneaux publicitaires de Béziers exposent une nouvelle affiche de la mairie, qui dénonce l'attitude de Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette qui a annoncé sa volonté de quitter la ville. (PIERRE SALIBA / MAXPPP)

Les 130 panneaux publicitaires de Béziers portent donc cette affiche qui représente un portrait peu flatteur de Ginette Moulin. Le groupe Galeries Lafayette a fait part de sa volonté de fermer son magasin bitterois qui est dans une "situation financière précaire" et qui enregistre "des pertes récurrentes" depuis cinq ans. Une décision que n'accepte pas Robert Ménard, qui a menacé au cours d'une conférence de presse de prendre d'autres mesures de rétorsion, la campagne d'affiches étant une "première étape" et son "imagination sans limite".

L'ami de la police municipale

Le maire de Béziers Robert Ménard pose devant une affiche annonçant l\'armement de la police municipale, le 11 février 2015 à Béziers.
Le maire de Béziers Robert Ménard pose devant une affiche annonçant l'armement de la police municipale, le 11 février 2015 à Béziers. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

Le 1er février 2015, Robert Ménard réalise l'une de ses promesses de campagne : l'armement de la police municipale. Pour vanter son action, le maire met donc en place une nouvelle campagne d'affichage, avec un slogan : "Désormais, la police a un nouvel ami." Des affiches qui entraînent une vive polémique sur internet et dans la classe politique. "C’est de l’incitation à la haine et à la violence", estimait alors le député UMP Elie Aboud, interrogé par Le Lab.

Robert Ménard se défend auprès de francetv info : "Nous ne voulions pas une affiche institutionnelle et mièvre, notre affiche est percutante et le message est clair. On appelle un chat, un chat (...) Nous sommes là du côté des honnêtes gens, la police municipale est armée et cela rassure."

Les "milliers de nouveaux amis" de Béziers

"Désormais notre ville a des milliers de nouveaux amis." Robert Ménard choisit de répondre à la polémique concernant son affiche sur l'armement de la police municipale avec une nouvelle affiche. Cette fois, il s'appuie sur un sondage en ligne réalisé par RMC et M6 pour vanter son action. Il affirme ainsi que "72% des sondés" ont voté pour l'affiche sur notre police municipale. Une réponse bancale comme le démontre le Huffington Post, puisque les chiffres n'ont aucune valeur de représentativité.

La négociation sur le prix de l'eau

Début novembre 2014, Robert Ménard s'etait déjà lancé dans un bras de fer avec le président de la Communauté d'agglomération Béziers Méditerranée. Le maire soutenu par le FN souhaite faire baisser le prix de l'eau dès 2014, comme il l'affirme dans un entretien au Midi Libre. De son côté, l'Agglo veut attendre fin 2016 pour ouvrir les négociations avec la Lyonnaise des eaux, a indiqué le Midi Libre.

Pour tenter de forcer la main à la présidence de l'agglométation, Robert Ménard lance alors une campagne d'affichage : "Le prix de l'eau est trop cher ! L'Agglo doit négocier ! Soutenez l'action de Robert Ménard." Des affiches accompagnées d'une pétition en ligne qui doivent permettre au maire de la ville de peser dans les négociations. Pour ses soutiens, il s'agit d'une illustration de la démocratie directe à Béziers. Pour ses opposants, comme le vice-président de l'Agglo Bernard Auriol, il s'agit de "discours simplistes". A ce jour, Robert Ménard n'a pas obtenu gain de cause.