Démission d'Axelle Lemaire : "J'ai fait mon choix. Je ne peux pas tout faire"

Axelle Lemaire était Secrétaire d\'Etat au numérique depuis 2014.
Axelle Lemaire était Secrétaire d'Etat au numérique depuis 2014. (RADIO FRANCE / CAPTURE D'ÉCRAN)

La secrétaire d'État Axelle Lemaire a annoncé lundi son départ du gouvernement pour se consacrer à la campagne de Benoît Hamon. Elle explique son choix sur franceinfo.

Axelle Lemaire a annoncé lundi 27 février sa démission du poste de secrétaire d'État au Numérique afin de soutenir la campagne présidentielle du candidat socialiste Benoît Hamon. Invitée de franceinfo, elle explique qu'il "faut faire des choix" : "Mon combat a toujours été un combat de convictions, un combat d'idées".

franceinfo : Est-ce une décision bien réfléchie ?

Axelle Lemaire : J'ai fait mon choix. J'ai vu le président de la République, le Premier ministre. Le moment est très particulier : avec le Brexit, avec l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, on a l'impression que Marine Le Pen est aux portes du pouvoir en France. Je me suis posée la question : où suis-je le plus utile ? Et la réponse que je peux apporter, c'est : au sein d'une future majorité parlementaire.

Je ne peux pas être une ministre efficiente, qui fait une campagne efficace pour Benoît Hamon, et qui a en même temps trois jeunes enfants à la maisonAxelle Lemaireà franceinfo

Quel bilan tirez-vous de votre passage au gouvernement ?

Un bilan nuancé. J'ai eu la chance d'être entourée de gens avec qui j'ai beaucoup appris. La France est pleine d'innovateurs. En revanche, les institutions sont à bout de souffle, car elles n'ont pas évolué, ce qui paraît d'autant plus anachronique au temps du numérique. Les manettes du pouvoir sont toujours entre les mains des mêmes personnes. J'ai essayé d'ouvrir les portes et les fenêtres de mon ministère et d'apporter une modernité.

Que dites-vous à ceux qui hésitent entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron ?

J'ai le sentiment que ce qui est en train de se dessiner en France, c'est un peu comme aux États-Unis avec le choix entre Donald Trump et Hillary Clinton. Et on voit ce que ça a donné... Je crois qu'aujourd'hui il faut une alternative pour sortir de cette offre duale. Il y a les sondages du moment, il y aura le moment des urnes. Il reste encore deux mois. Mon combat a toujours été un combat d'idées, de convictions. C'est ce pari-là que je fais.