Bastia : nationalistes, gauche et droite unis face à Zuccarelli

(Maxppp)

Emmenée par Gilles Simeoni, la liste nationaliste modérée pour les municipales de Bastia a considérablement augmenté ses chances de succès au second tour. Un accord a en effet été conclu avec le candidat dissident de gauche, François Tatti, et celui de l'UMP-UDI, Jean-Louis Milani. Face à cette union, le candidat PRG-PCF Jean Zuccarelli parait désormais bien esseulé.

Avant le premier tour, ils avaient promis que jamais ils ne s'allieraient à Jean Zuccarelli au second tour. François Tatti, le candidat dissident de gauche (14,65%), et l'UMP-UDI Jean-Louis Milani (9,73%) ont tenu parole. Ils ont préféré s'unir au candidat nationaliste Gilles Simeoni, qui était arrivé en deuxième position dimanche dernier avec 32,35% des voix.

Un coup dur pour le clan Zuccarelli, qui tient la mairie depuis 1968, voire depuis l'après-guerre grâce au jeu des alliances familiales. Jean Zuccarelli, fils du maire sortant Emile Zuccarelli, qui est arrivé en tête du premier tour avec 32,52% des suffrages, voit donc ses chances grandement s'amenuiser avant ce second tour.

Le candidat PRG-PCF dénonce "une union de la honte pour Bastia ", une "alliance contre nature de la carpe, du lapin et du loup unissant trois candidats ne partageant ni valeurs, ni projet ". Mais pour les acteurs de ce front anti-Zuccarelli, cette démarche permet "d'offrir une démarche innovante en dépit de nos différences ", précise Gilles Simeoni.

Sur son compte Twitter (ci-dessus), Gilles Simeoni demande ainsi aux Bastiais de "demain, faire gagner la démocratie, de faire gagner Bastia. Ensemble ". Et de le chef de file l'UMP-UDI Jean-Louis Milani de renchérir en ce sens. Il explique que "cette alliance est faite pour servir la ville et pas une idéologie ".

Quant à l'ancien adjoint François Tatti, écarté du PRG, il a une nouvelle fois dénoncé le "parachutage dynastique " qu'a constitué la désignation de Jean Zuccarelli pour conduire la liste de la majorité municipale, position pour laquelle il avait initialement été pressenti.

En revanche, Gilles Simeoni ne pourra pas compter sur le soutien des indépendantistes de Corsica Libera. Présents premier tour, avec 5,41% des voix, ils ont refusé toute alliance, et accusent le candidat nationaliste d'avoir "déféré aux injonctions des forces les plus rétrogrades de Corse, en acceptant de valider une démarche d'ostracisme à l'égard du courant indépendantiste ".

Cela ne devrait pas porter préjudce aux trois nouveaux alliés. Ils tiendront un meeting commun ce jeudi soir à Bastia, avec en ligne de mire, une victoire qui se fait de plus en plus certaine.

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