VIDEO. Pourquoi les ascenseurs des HLM sont-ils toujours en panne ? Un technicien a montré à "Envoyé spécial" les coulisses de la maintenance

ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2

Machines qui grincent, qui secouent, pannes à répétition, voire accidents… Pourquoi les ascenseurs des HLM sont-ils en si mauvais état ? Pourquoi ne sont-ils pas mieux entretenus ? Un technicien a accepté de montrer à "Envoyé spécial" les coulisses de la maintenance.

Y a-t-il un problème chronique d’entretien des ascenseurs en HLM ? En France, les bailleurs sociaux gèrent 5 millions de logements et près de 50 000 ascenseurs. Chacun fait l'objet d'un contrat de maintenance. Le marché se partage entre quatre multinationales : Kone, Otis, Schindler et ThyssenKrupp. Ces sociétés ont refusé les demandes de tournage d'"Envoyé spécial", mais un salarié a accepté de rencontrer les journalistes.

Anonymement, il pointe une logique de rentabilité financière qui serait devenue prioritaire chez les ascensoristes. "Les comptables sont arrivés avec des actionnaires, avec des marges à respecter. A partir de là, tout s'est dégradé. On ne pense, on ne parle que profit. On ne parle plus technique, c'est fini depuis très longtemps."

La maintenance, une course contre la montre chronométrée par un logiciel

Cette logique du profit maximum rythmerait-elle aujourd'hui le travail des techniciens ? Adrien Pettré, protégé par un mandat syndical, a accepté de montrer à "Envoyé spécial" les coulisses de la maintenance. Chaque matin, il entame une course contre la montre chronométrée par un logiciel installé sur son smartphone. Son écran affiche les appareils dont il a la charge, et les tâches à réaliser. Le logiciel définit le temps maximum qu'il doit passer sur une machine depuis le moment où Adrien s'est logué pour signaler son arrivée. Sur cette intervention, il lui annonce 56 minutes.

Chaque technicien gérerait de 140 à 150 ascenseurs

Arrêt à tous les étages, vérification des voyants et des boutons palier, de la main courante, de la lumière… chaque tâche a été chronométrée à l'avance, le technicien procède comme s'il était sur une chaîne. En plus de cette contrainte de temps, chaque technicien gère, selon Adrien, entre 140 et 150 ascenseurs, un chiffre qui aurait doublé en dix ans.

En fin de visite, le rituel est le même qu'à l'arrivée. Adrien entre son compte rendu et inscrit son heure de départ. S'il a dépassé le temps alloué, une colonne en rouge apparaîtra dans le rapport de son responsable. Un système qui met sur le technicien une réelle pression, confirme-t-il. Et pourrait l'amener à commettre des erreurs d'arbitrage entre les délais et la sécurité...

Extrait de "Coincés dans l'ascenseur", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 9 mai 2019.

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