Rodéos urbains : "Si la loi était appliquée avec des condamnations fortes, ça nous aiderait à diminuer ce phénomène", juge la députée LREM Catherine Osson

La députée LREM du Nord, Catherine Osson, le 20 mars 2019 à l\'Assemblée nationale.
La députée LREM du Nord, Catherine Osson, le 20 mars 2019 à l'Assemblée nationale. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Pour la députée LREM Catherine Osson, invitée jeudi 20 août sur franceinfo, il faudrait aussi impliquer "les familles, les éducateurs, les bailleurs sociaux, les urbanistes" pour régler le problème des rodéos urbains.

"On a fabriqué une loi avec tout ce qu'il faut dedans et on constate quand même que dans les décisions de justice, on a des décisions surprenantes" au sujet des rodéos urbains, indique jeudi 20 août sur franceinfo Catherine Osson, députée LREM du Nord, l’une des deux élues à avoir été à la tête d'une mission pour élaborer un plan anti-rodéos. Pour la première fois, l'Etat a été condamné début août à 10 000 euros de dommages et intérêts pour son inaction face aux rodéos urbains dans les quartiers Nord de Marseille. "Si la loi était appliquée avec des condamnations fortes, ça nous aiderait à diminuer ce phénomène", estime la députée LREM.

franceinfo : Cette condamnation de l'Etat, c'est un constat d'échec dans cette lutte contre les rodéos urbains ?

Catherine Osson : C'est d'abord une décision de justice surprenante. Je comprends l'exaspération des habitants du quartier. Mais je suis surprise par cette décision parce que nous, on a fabriqué une loi avec tout ce qu'il faut dedans. Et on constate quand même que dans les décisions de justice, on a des décisions qui sont surprenantes. Je pense que si la loi était déjà appliquée avec des condamnations fortes que nous avons votées, ça nous aiderait quand même un petit peu à diminuer ce phénomène. On l'a vu au début, quand la loi est sortie. Il y a eu un vrai effet, notamment grâce à la confiscation des véhicules, les amendes qui peuvent monter jusqu'à plus de 40 000 euros, et les peines de prison. Mais on constate que dans certaines décisions, comme à Nîmes en mai, un récidiviste sur un véhicule volé a tué une personne et est ressorti libre du tribunal. Là, il y a de l'incompréhension parce que dans la loi, il y a tout ce qu'il faut pour que cette personne fasse de la prison et soit condamnée.

C'est le seul problème, une justice pas assez sévère ?

Oui, je pense. Il ne faut pas oublier que dans cette loi, il y a aussi une grande partie sur la prévention. Je pense au jeune qui casse les pieds de tout le monde, tous les dimanches après-midi sur son engin. Lui, il n'a pas besoin de prison. Il a peut-être besoin d'un stage, d'un travail. Ce phénomène de rodéos qui s'est bien accentué malheureusement pendant le confinement, parce que les rues étaient désertes et que c'était très tentant, est aussi une réaction de jeunes dans des quartiers qui ne vont pas bien. Et au-delà de la répression, au-delà de la loi, il y a aussi un travail à faire sur ces quartiers qui ne vont pas bien depuis des années.

Il faut impliquer d'autres acteurs dans cette prévention ?

Oui, les familles, les éducateurs, les bailleurs sociaux, les urbanistes qui rénovent les quartiers et qui ne pensent pas toujours qu'ils fabriquent des autoroutes à quads et qui pourraient aménager les quartiers différemment, en concertation avec la population qui y vit. Je pense que c'est le moindre mal. Mais il y a une vraie sensibilisation de tout le monde. De toute façon, tant que les pauvres de ce pays s'occuperont des pauvres, on ne s'en sortira pas. La solidarité doit se faire à tous les niveaux. Il faut aussi remettre des effectifs de police dans les quartiers, là où ils sont le plus nécessaires. Cette coordination des énergies dans les quartiers pourrait aussi aider à calmer un petit peu le jeu. Malheureusement, ce n'est pas quelque chose qu'on réglera du jour au lendemain.

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