Emmanuel Macron nous a donné "rendez-vous dans trois mois" pour "co-construire" la politique de la ville

Emmanuel Macron et Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois, le 13 novembre 2017.
Emmanuel Macron et Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois, le 13 novembre 2017. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Emmanuel Macron a reçu lundi des maires et représentants d’associations qui avaient lancé "l’appel de Grigny", le 16 octobre dernier, en faveur des quartiers populaires. "Nous croyons que le Président nous a entendu, c'est encourageant mais [il] peut mieux faire", a régi sur franceinfo Philippe Rio, maire PCF de Grigny (Essonne).

Emmanuel Macron a reçu lundi 13 novembre à l'Elysée plusieurs élus pour évoquer la situation des communes dites "sensibles", dont Philippe Rio, maire PCF de Grigny (Essonne) qui a participé au lancement de "l'appel de Grigny", le 16 octobre dernier, en faveur des quartiers populaires. L'élu a réagi sur franceinfo à ce déjeuner avec le chef de l'Etat.

franceinfo : avez-vous été entendu lors de ce déjeuner avec le chef de l'Etat ?

Philippe Rio : Nous croyons que le Président nous a entendu, c'est encourageant mais [il] peut mieux faire. C'est un moment historique car c'est la première fois que des élus, toutes tendances politiques confondues, sont reçus avant que les banlieues n'explosent. Notre présence est une manière de dire au président de la République que c'est extrêmement difficile et que nous réclamons la mobilisation de la nation.

Parmi les mesures que va proposer le chef de l'Etat, il y a les emplois francs. Est-ce une solution pertinente ?

C'est un dispositif mort-né en 2013. Nous avons entendu le président de la République, mais il faut un projet global. Il faut agir sur le sport, la culture, la sécurité ou encore la formation professionnelle... c'est cette urgence que nous avons portée auprès du président de la République. Après 40 ans de politique de la ville, nous sommes arrivés à maturité, il faut donc une ambition nationale. Les emplois francs, je ne suis pas fan personnellement de cette mesure.

Quelles sont les priorités pour aider les banlieues en difficulté ?

Il faut d'abord rétablir la confiance urgemment sur la loi de finances, parce qu'on nous sucre les budgets des collectivités locales et des associations et ça c'est insupportable. Et puis, il [Emmanuel Macron] nous a donné rendez-vous dans trois mois, car il veut co-construire. C'est ça qui est nouveau et c'est le sens de "l'appel de Grigny". Nous voulons être des acteurs de la construction d'une nouvelle politique de la ville pour permettre à chaque citoyen de participer à la République.