"Aucune mobilisation ne réglera le problème démographique" lié au dossier des retraites, a déclaré le Premier ministre

François Fillon, le 25 juin 2010
François Fillon, le 25 juin 2010 (AFP - Fred Dufour)

François Fillon, qui s'exprimait vendredi au lendemain de la mobilisation contre la réforme de la retraite à 60 ans, a promis qu'"aucun Français ayant commencé à travailler avant 18 ans ne sera obligé de partir à la retraite après 60 ans".Il a ajouté que l'effort sur les niches fiscales pourrait être rehaussé afin de réduire le déficit.

François Fillon, qui s'exprimait vendredi au lendemain de la mobilisation contre la réforme de la retraite à 60 ans, a promis qu'"aucun Français ayant commencé à travailler avant 18 ans ne sera obligé de partir à la retraite après 60 ans".

Il a ajouté que l'effort sur les niches fiscales pourrait être rehaussé afin de réduire le déficit.

Ainsi, selon le Premier ministre, l'effort sur les niches fiscales pourra être porté jusqu'à 8,5 milliards d'euros sur la période 2011-2013, pour contribuer à réduire le déficit public de la France, alors qu'il avait jusqu'à présent un objectif de 5 milliards.

Par ailleurs, sur la croissance, François Fillon s'est dit "convaincu" qu'elle atteindra bien cette année la prévision du gouvernement de 1,4%.

Retraites: Fillon déterminé
Concernant les retraites, François Fillon a justifié un nouveau rendez-vous sur les retraites en 2018 "pour envisager la suite" de la réforme en cours, lors de sa conférence de presse. Faisant allusion aux nombreuses manifestations, très suivies, organisées jeudi, le chef du gouvernement a estimé qu'"aucune mobilisation ne réglera le problème démographique que pose la question des retraites". Il s'est toutefois engagé à préserver la retraite à 60 ans pour les carrières longues, assurant qu'"aucun Français ayant commencé à travailler avant 18 ans ne sera obligé de partir à la retraite après 60 ans".

"Le gouvernement comprend les inquiétudes, le gouvernement écoute l'avis des Français qui ont manifesté, des Français qui n'ont pas manifesté", a ajouté François Fillon. "L'intérêt général nous commande de ne pas transiger sur les principaux paramètres de la réforme", a dit François Fillon, tout en réaffirmant que le projet était "ouvert à la concertation" sur la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés.

Pour François Fillon, on ne peut financer les retraites "que par l'allongement de la durée du travail (...) On peut tourner le sujet dans tous sens, faire miroiter" d'autres solutions "dont l'augmentation des impôts", la "seule" mesure "véritablement efficace est le relèvement de l'âge de départ à la retraite."

Fillon tacle le PS...
"Les responsables du Parti socialiste qui ont hier (jeudi) battu le pavé savent parfaitement bien que l'allongement de la durée d'activité est nécessaire. Je veux dire combien je regrette la posture qui est la leur et qui ne doit pas leurrer les Français", a-t-il déclaré. "Contrairement à ce qu'ils affirment, nous allons rééquilibrer nos régimes de retraite dès 2018", a affirmé le Premier ministre, ajoutant qu'"afin de pérenniser cet équilibre, nous avons prévu un rendez-vous en 2018 pour envisager la suite de cette réforme."

"Mme Aubry, qui n'a pas de mots assez durs pour qualifier notre projet, devrait se poser une question. Elle a exercé le pouvoir: qu'a-t-elle fait pour les carrières longues? Rien. Rien d'ailleurs comme sur tous les sujets touchant à la retraite", a déclaré François Fillon lors de sa conférence de presse à Matignon sur les retraites et les déficits publics.

Selon François Fillon, "bien sûr nous aurions pu prendre des décisions jusqu'en 2030 ou jusqu'en 2050 comme certains le réclament". "Mais nous avons estimé qu'il était plus sage, compte tenu de l'évolution de la situation économique et de la situation démographique, et surtout plus démocratique -il y aura deux élections présidentielles d'ici 2018-" de prévoir ce nouveau rendez-vous "pour poursuivre l'évolution de nos régimes de retraite."

...le PS lui répond aussitôt
Le numéro deux du parti socialiste Harlem Désir, a répondu sans tarder à François Fillon en lui reprochant de s'entêter "dans une stratégie de mépris".

"Il est coupé des Français et des réalités, il n'a pas entendu les Français qui ont dit qu'ils veulent une réforme des retraites" mais "pas "celle qui est proposée par le gouvernement". "Le Premier ministre a caché le ministre Woerth", a-t-il dit en allusion au ministre du Travail dont le nom est cité dans l'affaire Bettencourt, "mais il a maintenu le projet qui est rejeté par les Français".

"Au lieu de chercher la polémique avec le Parti socialiste, le Premier ministre doit répondre à l'attente des Français d'une politique juste. Les réponses qu'il a apportées aujourd'hui ne sont pas à la hauteur de la crise", a encore lancé l'eurodéputé. "Nous demandons au Premier ministre d'entendre les Français, de les respecter et d'engager une vraie négociation avec les syndicats", a-t-il ajouté.

"Nous demandons au Premier ministre d'arrêter les contre-vérités et les mensonges" a lancé M. Désir, en qualifiant notamment de "mensonge" la déclaration de François Fillon selon laquelle aucun Français ayant commencé à travailler avant 18 ans ne sera obligé de partir à la retraite après 60 ans. "Tous ne pourront malheureusement pas disposer du dispositif carrière longue", a argué M. Désir;

Par ailleurs, selon lui, M. Fillon a confirmé qu'"il y aura un nouveau plan austérité" qu'il "cache et distille par petits morceaux".

"Le Premier ministre demande aux Français des sacrifices", c'est "tout juste si on n'annonce pas du sang et des larmes, mais d'un autre côté, il maintient les dispositifs qui font que, pour les riches amis du pouvoir, ça va continuer à être le lait et le miel", selon lui.