Arnaud Montebourg et Matthieu Pigasse sonnent la charge contre le gouvernement

L\'ancien ministre de l\'Economie Arnaud Montebourg, le 23 février 2015, à Princeton aux Etats-Unis.
L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, le 23 février 2015, à Princeton aux Etats-Unis. (KENA BETANCUR / AFP)

L'ancien ministre de l'Economie et l'homme d'affaires signent une tribune au vitriol dans le "JDD", où ils reprochent notamment à l'exécutif de faire semblant de combattre le Front national.

"Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C'est la démocratie qui est cette fois menacée." Dès le début, le ton est donné. L'ancien ministre socialiste Arnaud Montebourg et l'homme d'affaires Matthieu Pigasse attaquent très durement, dans une tribune au Journal du dimanche publiée dimanche 7 juillet, le bilan de François Hollande. Ils souhaitent une "coalition des pays européens" pour une stratégie de "baisse d'impôts en faveur des ménages" et de résorption du déficit "par la croissance mais non par l'austérité".

"L'absurde conformisme bruxellois" de la politique de l'exécutif "est devenu une gigantesque fabrique à suffrages du Front national", accusent ainsi les deux hommes dans ce texte très incisif, alors que le Parti socialiste est en plein congrès à Poitiers.

Faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience n’a aucun effetArnaud Montebourg et Mathieu PigasseJDD

"Il n'est pas trop tard"

"Au fil des alternances, les Français votent en conscience pour la 'rupture' ou le 'changement' mais s'aperçoivent que la politique économique - donc européenne - qui s'ensuit est toujours la même. Tout président élu commence par aller faire ses génuflexions à Berlin puis à Bruxelles, enterrant en 72 heures ses engagements de campagne", poursuivent l'ancien ministre de l'Economie, figure de l'aile gauche du parti qui a quitté le gouvernement en août 2014, et Matthieu Pigasse, banquier et patron de presse.

Pour ces deux hommes de gauche, "ceux qui nient l'existence de l'austérité en prétendant que les salaires n'ont pas baissé (heureusement !) doivent ouvrir les yeux sur les pertes réelles et sérieuses de revenus pour les Français moyens : cette politique répand la colère, le dépit, la violence chez des millions de nos concitoyens qui s'estiment bernés, trahis et abandonnés". Une situation qui explique, selon eux, la panne de l'économie française depuis la crise de 2008.

Les auteurs prônent de "construire, dans le peu de temps qui reste, une coalition des pays européens favorables à une stratégie européenne de baisse d'impôts en faveur des ménages dans tous les pays". Et les deux signataires de conclure : "Est-il encore possible de sauver ce quinquennat et de le rendre enfin utile à notre pays ? (...) Oui, nous croyons qu'il n'est pas trop tard pour encore agir et engager enfin une politique différente et innovante. Il suffirait que nos dirigeants ouvrent leurs yeux sur le précipice qu'ils ont ouvert sous nos pieds (et les leurs)."

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