Après une réaction prudente mardi, François Hollande juge légitime le référendum grec

François Hollande au siège du PS, le 2 novembre 2011.
François Hollande au siège du PS, le 2 novembre 2011. (Photo à partir d'une capture écran Dailymotion.)

François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a réagi mercredi à l'annonce du référendum grec en affirmant que George Papandréou avait le "droit" de demander un référendum. Avec Martine Aubry, mardi, il s'était montré plus évasif.

François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a réagi mercredi à l'annonce du référendum grec en affirmant que George Papandréou avait le "droit" de demander un référendum. Avec Martine Aubry, mardi, il s'était montré plus évasif.

Interrogé sur l'initiative de George Papandréou de soumettre le plan d'aide européen à la Grèce à référendum, François Hollande s'est exprimé mercredi au siège du PS, en indiquant que "le premier ministre grec soumet cette question référendaire au Parlement grec. C'est son droit. C'est la légitimité du peuple grec d'être consulté, si le Parlement l'accepte."

"Donc, moi, a poursuivi le député de Corrèze, je n'ai pas à juger ici d'une procédure. Je constate qu'elle a des conséquences. Il faut donc que l'Europe puisse, si ce référendum était décidé, accompagner ce processus pour qu'il se termine bien."

"Si le référendum n'est pas décidé, de toutes façons, il faudra reprendre la question grecque, car on a bien compris qu'elle n'était pas vraiment réglée y compris avec le dernier sommet européen", a poursuivi M. Hollande.

Le candidat à la présidentielle en a profité pour critiquer le dernier accord de Bruxelles: "Il est tout à fait important que les Grecs soient mis devant leurs responsabilités, sous une forme ou sous une autre, référendum ou pas, et que les Européens soient conscients que la question grecque n'est pas aujourd'hui réglée."

François Hollande tacle Nicolas Sarkozy

"La grande critique qu'il faut adresser: cela fait 18 mois que la question grecque est posée aux Européens, et après 18 mois de tergiversations, d'hésitations, d'un premier plan puis d'un second, nous constatons que le gouvernement grec est dans une crise politique. Il y a là une responsabilité sans doute des Grecs mais aussi de ceux qui dirigent l'Europe", a estimé M.Hollande.

Nicolas Sarkozy était furieux de ce projet de référendum? "Je ne sais pas quel est l'état du caractère de Nicolas Sarkozy, mais en toute hypothèse, c'est vrai qu'il avait annoncé ce sommet comme ayant apporté définitivement la solution au problème grec. Je constate qu'il n'en est rien".

Mardi, Martine Aubry et François Hollande avaient signé un communiqué conjoint, ce qui n'est pas si fréquent. Le trouble provoqué par l'initiative du chef du gouvernement grec d'organiser un référendum sur les conditions d'effacement de 50% de la dette de son pays n'est sans doute pas étranger à cette rédaction à quatre mains.

Mais elle ne suffit pas à masquer quelques dissonances dans les rangs socialistes.

Communiqué commun Aubry-Hollande à minima

La ligne de crête est ténue pour François Hollande et Martine Aubry vis-à-vis de leur homologue du Pasok (parti socialiste grec) ; d'où un communiqué a minima.

En moins de 1.300 signes, la ligne est fixée : le problème est un "défaut de gouvernance de la zone euro", écrivent-ils se gardant bien de tout commentaire sur la décision du premier ministre grec, M. Papandréou.

L'annonce du référendum entraînera-t-elle de nouveaux désordres sur les marchés financiers ?

MM. Hollande et Aubry ne répondent pas mais affirment que la situation devrait amener "les dirigeants européens à prendre enfin les décisions d'engager les réformes structurelles" soulignent-ils ajoutant aussitôt : "comme nous n'avons cessé de le proposer depuis des mois et pour trouver un juste chemin entre la réduction des déficits et le maintien de la croissance et de l'emploi."

De la situation grecque à la politique intérieure, il n'y a qu'un pas.

Montebourg salue le "courage" de Papandréou

Adepte du contre-pied, le député de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, a fait entendre une autre voix défendant sans réserve la décision grceque : "C'est une décision intelligente et justifiée par le fait qu'on ne peut pas, on n'a pas le droit d'infliger à des populations entières des souffrances, des appauvrissements décidés par des gouvernements, des réductions de salaires, de traitements, de droits sociaux sans leur demander leur avis", a-t-il déclaré mardi sur France Info.

"C'est à eux de choisir : est-ce qu'ils veulent garder l'euro au prix de souffrances considérables ou est-ce qu'ils décident d'une autre stratégie pour leur nation et leur pays, et je crois que cela relève des attributs de la souveraineté", a poursuivi M. Montebourg.

Poursuivant son argumentaire, l'ex-candidat à la primaire socialiste a aussi salué M. Papandréou "pour son courage, (pour) avoir pris une décision de retour vers le souverain, le corps électoral".

"Beaucoup de dirigeants de la droite européens devraient s'inspirer de cette sage décision. Au lieu d'infliger des plans d'austérité à perpétuité à tous les peuples, ils auraient avantage à respecter les choix de la population car on ne peut pas accepter que l'Europe s'aligne sur les choix de la droite allemande", a conlu le chantre de la VI République.

Dès mardi, Manuel Valls, ancien candidat dans la primaire du PS, député et maire d'Evry (Essonne) avait commenté sur la décision grecque : "Nous ne pouvons pas interdire aux Grecs de choisir leur destin. L'UE est une fédération d'Etats Nation. Un référendum est donc légitime."

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