Après Toulouse, sur quels thèmes doit porter la campagne de François Hollande ?

François Hollande sur le marché de Bastia
François Hollande sur le marché de Bastia (PIerre Magnan)

"Tout l'enjeu de l'élection est d'être capable de faire passer un message d'espoir", a affirmé François Hollande dimanche à Bastia, entouré des élus de Corse. "Nous devons montrer que nous avons une autre politique, un autre horizon", a-t-il ajouté.

"Tout l'enjeu de l'élection est d'être capable de faire passer un message d'espoir", a affirmé François Hollande dimanche à Bastia, entouré des élus de Corse. "Nous devons montrer que nous avons une autre politique, un autre horizon", a-t-il ajouté.

(Envoyé spécial en Corse) Message d'espoir contre message de peur. Voila l'enjeu de la campagne, selon François Hollande. C'est ce qu'il a expliqué dimanche matin aux élus corses rassemblés pour un petit déjeuner sur le vieux port de Bastia.

Après une semaine marquée par la tuerie de Toulouse et la mort de Mohamed Merah, le candidat socialiste à l'Elysée a tenté d'élargir les thèmes de la campagne électorale dominée par les questions de sécurité, questions qu'il n'avait pas éludées samedi à Ajaccio. Il l'a fait sur le vieux port de Bastia, niché entre de hautes facades pastel. Il l'a refait lors d'une promenade animée à travers les étals du marché de la capitale de la Haute-Corse.

"Les Français vivent-ils mieux qu'en 2007 ?"

Ironique, M.Hollande a fait mine de regretter que Nicolas Sarkozy n'ait toujours pas de programme "à un mois du premier tour". "J'aimerais connaître le programme du candidat-sortant", a affirmé M.Hollande. L'envie sans aucun doute d'engager une bataille projet contre projet.

Le candidat socialiste a réaffirmé que la droite entendait faire campagne sur les "peurs". Il a ironisé sur les slogans du candidat Sarkozy qui se présente comme "protecteur". Or pour François Hollande, "la seule question qui se pose : en 2012, les Français vivent-ils mieux qu'en 2007 ?". La réponse va de soi, à ses yeux.

Alors qu'il arpentait les allées du marché suivi par une nuée de caméras et micros, un journaliste l'a interrogé sur le thème de la sécurité. Entre une cuillère de miel ('c'est bon pour tout') et une lamelle de jambon corse ("faut faire attention avec le jambon"), François Hollande a répondu : Il faut "assurer la tranquillité de chacun, mais en même temps il y a toutes les urgences qui sont là, qui nous sont rappelées: les petites retraites, le pouvoir d'achat, la précarité, le chômage, les inégalités, la volonté de développer un territoire. Tout cela fait partie de ce qu'est la campagne présidentielle".

De nouvelles propositions ?

Une "campagne présidentielle, c'est une campagne qui doit répondre à une demande de changement ou de continuité. Donc le choix, il est toujours le même et sera toujours dans les mêmes termes: est ce qu'on veut continuer cinq ans de plus une politique qui a échoué ?, a aussi estimé le député de Corrèze, visiblement ravi de se promener sous le soleil au milieu des Bastiais, attirés par la horde entourant le passage du candidat.

Afin de tenter de relancer la campagne sur d'autres thèmes que celui de la sécurité, François Hollande pourrait annoncer dans les jours qui viennent des "précisions", selon les mots de Bruno Le Roux, un de ses porte-parole, aux 60 mesures de son programme. L'équipe de campagne a été chargée de travailler sur ces nouvelles pistes. Reste à savoir si ces nouvelles annonces auront la force de celle sur la taxation des plus hauts revenus à 75% qui avait centré le débat présidentiel sur les questions de justice fiscale.

En attendant, François Hollande, pas avare de bons mots, a estimé qu'en France "il faut renouer avec le fil, j'allais dire d'Ariane, de Marianne".