Après les annonces du chef de l'Etat, les dirigeants du PS tirent à boulets rouges sur la "TVA Sarkozy"

La TVA sur une facture de restaurant
La TVA sur une facture de restaurant (DAMIEN MEYER / AFP)

Feu sur la "TVA Sarkozy". Tel est le mot d'ordre au PS, qui sait la mesure impopulaire. Lundi 30 janvier, les dirigeants sont au créneau. Le chef de l'Etat a annoncé la veille une hausse de cette taxe de 19,6% à 21,2% pour baisser le coût du travail.

Feu sur la "TVA Sarkozy". Tel est le mot d'ordre au PS, qui sait la mesure impopulaire. Lundi 30 janvier, les dirigeants sont au créneau. Le chef de l'Etat a annoncé la veille une hausse de cette taxe de 19,6% à 21,2% pour baisser le coût du travail.

La hausse de la TVA peut-elle faire perdre les élections ? Celle de deux points décidée en 1997 par Alain Juppé passe pour avoir contrubué à faire chuter la droite - avec la réforme Juppé des retraites en 1995 -, lors des législatives qui ont suivi la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Jacques Chirac.

La gauche s'est donc livrée lundi matin à un travail de démolition en règle de cette augmentation de la TVA annoncée dimanche soir par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat a affirmé vouloir ainsi relancer la compétitivité de la France, notamment par rapport à l'Allemagne.

Laurent Fabius : une TVA "économiquement inefficace"

L'ex-premier ministre socialiste Laurent Fabius a ainsi tenté sur Europe 1 de réitérer le coup qu'il avait joué en 2007 dans l'entre-deux-tours des législatives, lorsqu'il avait mis en difficulté Jean-Louis Borloo sur cette question et vraisemblablement contribué à la défaite d'une cinquantaine de candidats UMP.

"J'ai trouvé que l'intervention touffue d'hier (dimanche) avait un mérite, c'est qu'il est clair que si M. Sarkozy est réélu, il y aura une 'TVA Sarkozy'", a ainsi fait valoir M. Fabius lundi matin.

Selon lui, une telle augmentation serait "injuste socialement, économiquement inefficace" et "pas très démocratique" à quelques mois de l'élection présidentielle.

Martine Aubry : "Sarkozy termine en faisant payer les classes populaires"

"La vraie compétitivité aujourd'hui, même si on regarde l'Allemagne, ce n'est pas de baisser le coût du travail", a mis en garde Martine Aubry, première secrétaire du PS, sur RTL.

"Pourquoi changerait-il de politique à 80 jours d'une élection? Il a commencé en aidant les plus privilégiés, avec notamment le bouclier fiscal, et il termine en faisant payer les classes populaires et moyennes", a déploré Mme Aubry, pointant "une erreur économique et une profonde injustice sociale".

Michel Sapin : "une baisse du pouvoir d'achat de tous les Français"

Enfin, pour Michel Sapin, conseiller économique du candidat socialiste, la hausse de cette taxe correspond, selon lui, à "une baisse du pouvoir d'achat de tous les Français, des plus modestes, des classes moyennes" alors que les Allemands "auront un pouvoir d'achat plus élevé. C'est une infériorité".

Il a répété que M. Hollande, s'il était élu, reviendrait sur cette hausse, prévue pour le 1er octobre.

Le pari d'annoncer une hausse de la TVA qui ne sera applicable qu'en octobre affole aussi une partie des députés UMP qui craignent pour leur siège.

Le député (UMP) Lionnel Luca avait jugé que l'annonce de cette mesure par le président de la République était un "suicide politique".

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