"Si j'avais dit : 'Je suis Jupiter.' J'en aurais pris plein la gueule" : Juppé raille la communication de Macron

Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, le 7 mai 2017 dans sa ville. 
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, le 7 mai 2017 dans sa ville.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

"Je ne sais pas ce que c’est, le macronisme", tacle le maire de Bordeaux, qui tire un bilan "contrasté" des premiers mois de la présidence d'Emmanuel Macron dans un entretien publié vendredi par "Sud Ouest".

Après la critique par François Hollande de la politique économique d'Emmanuel Macron, place aux remarques d'Alain Juppé sur sa stratégie de communication. Dans un entretien publié vendredi 25 août par Sud Ouest, le maire de Bordeaux ironise sur les méthodes du président de la République. "Il y a eu beaucoup de communication. Avec la bienveillance des médias", estime-t-il. "Si j'avais dit : 'Je suis Jupiter.' J'en aurais pris plein la gueule... Jupiter, c'est le roi des dieux. Mitterrand s'était borné à être dieu", raille-t-il encore. 

"Un grand flou artistique sur le budget 2018"

S’il reconnaît des "points de convergence" avec Emmanuel Macron et le gouvernement d’Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre ne mâche pas ses mots.

Je ne sais pas ce que c’est, le macronisme. Dire qu’on veut faire de la politique autrement, ça me fait bien rigoler. Ça fait quarante ans que je l’entends dire.Alain Juppéà "Sud Ouest"

Au final, le bilan qu'il tire des premiers jours d'Emmanuel Macron à l'Elysée est "contrasté", explique Alain Juppé. D'un côté, une image de la France à l'international "améliorée incontestablement", de l'autre "un grand flou artistique sur le budget 2018". "Je souhaite qu'il réussisse dans sa croisade contre les travailleurs détachés", précise-t-il à Sud Ouest

"Je veux exprimer mes idées"

Jusqu'à dimanche, l'ex-candidat malheureux à la primaire de la droite et du centre convie les juppéistes à Bordeaux pour un séminaire de réflexion. "Le but, c’est de faire le point et d’envisager l’avenir, assure-t-il. Nous sommes attachés à une certaine conception de la droite. Et je souhaite que nous la définissions un peu mieux", explique encore Alain Juppé, qui souhaite aussi "aider à constituer une pépinière de nouveaux talents" pour un "renouvellement de la classe politique"

L'ancien favori à la présidentielle, qui se dit attaché à une "droite humaniste, patriote, franchement européenne, optimiste"récuse cependant toute "rentrée politique" et répète qu'il ne souhaite pas se "relancer dans l'arène politique nationale"

Je veux exprimer mes idées. Vérifier qu’elles sont partagées par beaucoup. Et si elles ont leur place à l’intérieur de LR ? C’est ça le défi.Alain Juppéà Sud Ouest

Interrogé sur les divisions au sein des Républicains (LR), Alain Juppé reconnaît que même parmi les participants à la réunion bordelaise, "tous n'ont pas la même sensibilité". "Certains se sont ralliés à Emmanuel Macron, d'autres sont restés fidèles à LR. Les réunir pour tracer des perspectives, ce n'est pas une volonté de division, mais de discussion", insiste-t-il.

En ce qui concerne l'élection du président du parti en décembre, le maire de Bordeaux affirme qu'il y "aura une discussion avec les candidats à la présidence de LR pour voir comment nos idées peuvent être prises en compte". Seule ligne rouge, le rapprochement avec le Front national, rappelle-t-il.