Sarkozy sur écoute : "Il ne m'appartient pas de m'immiscer dans une affaire judiciaire", commente Hollande

François Hollande s\'adresse à des jeunes lors d\'une table ronde sur l\'emploi à l\'Elysée, le 11 mars 2014.
François Hollande s'adresse à des jeunes lors d'une table ronde sur l'emploi à l'Elysée, le 11 mars 2014. (REUTERS)

Le chef de l'Etat assure qu'il n'était pas au courant de la mise sur écoute de son prédécesseur. Problème, selon "Le Canard enchaîné", Valls et Taubira savaient.

Le président était-il au courant de la mise sur écoute de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, et de l'avocat de celui-ci ? Dans sa réponse au président de l'Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard, François Hollande souhaite lever tout soupçon. "Il ne m'appartient pas, en vertu de la séparation des pouvoirs, de m'immiscer d'une quelconque manière dans une affaire judiciaire en cours", écrit le président de la République dans cette lettre.

Dans un autre courrier au bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur, le chef de l'Etat souligne que "la régularité de ces écoutes peut être contestée le moment venu par un recours devant la chambre de l'instruction". François Hollande assure, selon Le Canard enchaîné daté du mercredi 12 mars, qu'il a "découvert dans la presse l'affaire des enregistrements Buisson et celle des écoutes de Sarkozy". A des visiteurs, le locataire de l'Elysée a assuré qu'il ignorait "tout du lancement de ces procédures et donc du contenu des écoutes."

Taubira et Valls savaient, selon "Le Canard"

Pourtant, Le Canard enchaîné affirme que Christiane Taubira et Manuel Valls étaient informés de la procédureDes révélations qui vont à l'encontre du discours jusqu'alors martelé par les principaux intéressés. L'hebdomadaire écrit que la garde des Sceaux ne pouvait ignorer l'affaire car elle "reçoit régulièrement un résumé du déroulé de l'enquête, comprenant une synthèse des écoutes téléphoniques". Selon Le Canard, cela durerait depuis le 26 février, date à laquelle le juge d'instruction Serge Tournaire a versé au dossier les écoutes.

Manuel Valls, lui non plus, ne pouvait pas ignorer, toujours selon l'hebdomadaire. Dans la hiérarchie, le ministère de l'Intérieur passe avant celui de la Justice. Le Canard enchaîné explique que "les officiers de police judiciaire qui retranscrivent les écoutes doivent à sa demande [celle de Manuel Valls] lui faire parvenir régulièrement leur rapport sur l'avancement de l'enquête".

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