Ecoutes de Sarkozy : Taubira répète qu'elle ne démissionnera pas

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, à l\'Elysée, le 12 mars 2014, lors d\'une conférence de presse sur la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, à l'Elysée, le 12 mars 2014, lors d'une conférence de presse sur la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy. (ALAIN JOCARD / AFP)

Empêtrée dans l'affaire de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy, la garde des Sceaux a donné un entretien au "Monde".

Empêtrée dans l'affaire de la mise sur écoute de Nicolas Sarkozy, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, le répète, jeudi 13 mars, dans un entretien au Monde : "Non", elle n'a pas l'intention de démissionner.

Selon BFMTV, la garde des Sceaux aurait pourtant proposé sa démission à François Hollande mercredi matin. Le chef de l'Etat l'aurait refusée. Mais, mercredi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis), la ministre a balayé cette information évoquée par les journalistes, rapporte Le Parisien.

"Je n'ai aucun sentiment de lâchage"

Alors que l'UMP réclame sa démission et l'accuse d'avoir "menti" en affirmant dans un premier temps tout ignorer de ces écoutes, la garde des Sceaux l'assure dans Le Monde : "Je n'ai aucun sentiment de lâchage." Et ce malgré les erreurs commises dans sa défense.

S'agissant des lettres qu'elle a brandies, mercredi, au cours de sa conférence de presse à l'Elysée, à l'issue du Conseil des ministres, elles "expliquent les motifs pour lesquels une information judiciaire a été ouverte" sur Nicolas Sarkozy, plaide-t-elle. Selon une transcription faite par Le Monde sur la base de photos prises lors de son intervention, ces notes évoquent bien plus, notamment un marché passé entre Nicolas Sarkozy et un haut magistrat. "On est en train de m'accuser de connaître le contenu des interceptions !" s'indigne Christiane Taubira.

"Je les ai lues [les deux lettres], elles expliquent les motifs pour lesquels une information judiciaire a été ouverte. (...) Quand ces courriers arrivent, les interceptions ont déjà eu lieu, leur exploitation par les juges aussi. C'est cela, 'l'espionnage politique' qui nourrit le feuilleton ?" poursuit-elle.

"Nous n'en serions pas là si nous avions calé quelque chose"

A la question : "Mais pourquoi n'avoir pas simplement expliqué dès le départ que vous connaissiez l'existence de cette information judiciaire ?" Christiane Taubira répond : "Je n'ai pas à répondre à la droite, qui depuis quatre ou cinq jours raconte que nous sommes responsables de tout !"

Quant à la communication du gouvernement autour de cette affaire, la ministre reconnaît implicitement ne pas avoir défini sa position avec le président ou le Premier ministre avant son intervention au 20 heures de TF1 le 10 mars. "Nous n'en serions pas là si nous avions calé quelque chose. Certains récitent des éléments de langage", lance-t-elle, en allusion à la droite, qui parle d'"affaire d'Etat"

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