Affaire des "écoutes" : le procès de Nicolas Sarkozy est suspendu jusqu’à jeudi

L\'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le 7 novembre 2020, lors de l\'hommage aux victimes de l\'attentat de la basilique Notre-Dame à Nice (Alpes-Maritimes).
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, le 7 novembre 2020, lors de l'hommage aux victimes de l'attentat de la basilique Notre-Dame à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

L'ex-président de la République comparaît à Paris, à partir de lundi, dans l'affaire dite des "écoutes", également appelée "affaire Bismuth", avec son avocat Thierry Herzog et l'ancien haut magistrat Gilbert Azibert.

C'est la première sous la Ve République qu'un ancien chef de l'Etat est jugé pour "corruption" et "trafic d'influence". Le procès de Nicolas Sarkozy s'est ouvert lundi 23 novembre devant le tribunal correctionnel de Paris, dans l'affaire dite des "écoutes", aux côtés de son avocat Thierry Herzog et de l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert. L'audience a aussitôt été suspendue jusqu'à jeudi 13h30. Elle reprendra en fonction des résultats de l'expertise médicale sur l'état de santé de Gilbert Azibert. Agé de 74 ans, le magistrat n'est pas en état de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris en raison du risque lié au coronavirus, selon un certificat médical. Il était ainsi absent à l'ouverture des débats. Une expertise médicale sera réalisée à Bordeaux, où le prévenu réside. Le temps d'avoir les conclusions, l'audience sera suspendue.

Les juges soupçonnent notammant Nicolas Sarkozy d'avoir tenté d'obtenir, auprès de Gilbert Azibert, des informations secrètes en marge de l'affaire Bettencourt, un autre dossier le concernant. Suivez notre direct.

 "Pas un pourri". Alors que dans son réquisitoire, publié en octobre 2017, le Parquet national financier (PNF) dénonce des méthodes dignes de "délinquants chevronnés", les trois prévenus contestent tout "pacte de corruption". "Je m'expliquerai devant le tribunal parce que moi j'ai toujours fait face à mes obligations", a affirmé le 13 novembre sur BFMTV Nicolas Sarkozy, qui a juré ne pas être "un pourri".

 Jusqu'à dix ans de prison. Retiré de la vie politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, Nicolas Sarkozy,  comme ses coprévenus, jugés en outre pour "violation du secret professionnel", encourt dix ans de prison et un million d'euros d'amende, l'interdiction des droits civiques, civils et de famille, l'affichage ou la diffusion de la décision de condamnation et l'interdiction d'exercer une fonction publique. Avant lui, un autre ancien président, Jacques Chirac, a été jugé pour les emplois fictifs de la Ville de Paris, mais il n'a jamais comparu devant ses juges en raison de son état de santé. Il avait été condamné en 2011.

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