Affaire des "écoutes" : trois magistrats du Parquet national financier visés par une enquête administrative

La procureure Eliane Houlette pose à Paris, le 27 juin 2017.
La procureure Eliane Houlette pose à Paris, le 27 juin 2017. (MAXPPP)

Le ministère de la Justice fait état de possibles "manquements au devoir de diligence, de rigueur professionnelle et de loyauté". L'enquête a été confiée à l'Inspection générale de la justice.

Une enquête administrative a été ouverte contre des magistrats du Parquet national financier (PNF) dans l'affaire dite des "écoutes", a annoncé le ministère de la Justice, vendredi 18 septembre. La procédure vise les deux magistrats en charge de l'enquête, Patrice Amar et Lovisa-Ulrika Delaunay-Weiss, et leur cheffe de l'époque, Eliane Houlette, désormais retraitée.

Cette ouverture intervient trois jours après la remise d'un rapport de l'Inspection générale de la justice (IGJ) sur l'enquête visant à identifier l'éventuelle "taupe" de Nicolas Sarkozy dans ce dossier. "Il ressort de cette analyse que des faits relevés seraient susceptibles d'être regardés comme des manquements au devoir de diligence, de rigueur professionnelle et de loyauté", explique le ministère.

Eliane Houlette a refusé d'être entendue

Ecartant tout dysfonctionnement majeur, l'IGJ avait critiqué la durée de l'enquête et relevé "un manque de rigueur" dans le traitement de la procédure. Il avait aussi pointé un "déficit de remontée d'information" du PNF au parquet général, son autorité de tutelle, au vu de la sensibilité de l'affaire principale mettant en cause un ancien président de la République.

La procédure administrative annoncée vendredi a été confiée à l'IGJ. Lors de la préparation de son rapport, cette instance avait essuyé un refus d'audition de l'ancienne responsable du PNF, Eliane Houlette.

Le PNF avait été mis en cause pour avoir épluché les relevés téléphoniques détaillés ("fadettes") de ténors du barreau, dont Eric Dupond-Moretti, depuis devenu garde des Sceaux. Il s'agissait ainsi de tenter de trouver qui aurait pu informer Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu'ils étaient sur écoute dans une affaire de corruption.

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