Achats de votes à Corbeil-Essonnes : le parquet national financier demande un procès

Serge Dassault (à gauche), ancien maire de Corbeil-Essonnes décédé en 2018, et l\'actuel maire de la commune Jean-Pierre Bechter, le 13 mars 2014.
Serge Dassault (à gauche), ancien maire de Corbeil-Essonnes décédé en 2018, et l'actuel maire de la commune Jean-Pierre Bechter, le 13 mars 2014. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Huit personnes pourraient être jugées, dont l'actuel maire de Corbeil-Essonnes.

Le parquet national financier a demandé, mercredi 27 février, le renvoi en correctionnelle de huit personnes, dont le maire actuel de Corbeil-Essonnes (Essonne) Jean-Pierre Bechter, pour financement illicite de campagne, considérant que les nombreux dons de l'ancien maire Serge Dassault aux habitants s'apparentaient à des achats de votes, selon les informations de France Inter.

L’existence d’un vaste système clientéliste dans le fief de l’industriel Serge Dassault, élu maire en 1995, avait provoqué l’annulation des élections municipales de 2008 et 2009. Sa candidature invalidée par le conseil d’État, il avait alors demandé à son collaborateur Jean-Pierre Bechter de se présenter à sa place. Serge Dassault étant décédé en 2018, l'action publique à son encontre est éteinte.

Des achats de votes selon le PNF

Après quatre ans d’instruction, le parquet détaille dans un rapport de 140 pages les différentes méthodes utilisées "pour influencer le vote des électeurs". Il en distingue trois principales : la distribution de fonds via un maire-adjoint (Jacques Lebigre), des remises d’espèces "provenant de comptes occultes ouverts à l’étranger", et enfin "le retour en espèces de fonds envoyés au préalable à l’étranger, notamment au Liban, à des prête-noms". Même si Serge Dassault a toujours prétendu que ses dons n’avaient aucune visée électorale, le parquet national financier estime qu’il s’agissait bien d’achats de votes.

Si les juges d'instruction suivent les réquisitions du parquet, comme c'est probable, le procès arrivera bien tard après la mort de Serge Dassault, considéré par le parquet comme "l'auteur principal" des achats de vote. Le PNF avait toutefois fait condamner l'avionneur, en 2017, pour blanchiment de fraude fiscale.

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