"Jérôme Cahuzac nous a fait beaucoup de mal" : revivez la troisième journée du procès de l'ancien ministre du Budget

L\'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le 7 septembre 2016.
L'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le 7 septembre 2016. (MAXPPP)

La troisième audience du procès de l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, s'est tenue jeudi 7 septembre. A la barre, son banquier suisse a tenté de se dédouaner.

Jérôme Cahuzac, épisode trois. Le procès de l'ancien ministre du Budget se poursuit, jeudi 8 septembre, au tribunal correctionnel de Paris. Il comparaît pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et pour avoir minoré sa déclaration de patrimoine. Voici ce qu'il faut retenir de cette journée.

Le "dilemme" du banquier suisse. A la barre, François Reyl, le banquier de Jérôme Cahuzac, a tenté d'attendrir le tribunal. Pour lui, toute cette affaire repose sur "l'insupportable dilemme du banquier suisse", tiraillé "entre la législation suisse" qui ne punit pas la fraude fiscale et "l'exigence morale" de transparence. A l'écouter, sa banque n'était pas du tout un refuge pour français désireux de se soustraire à l'impôt. "Nous n'avons jamais eu aucun autre PEP (personnalité politiquement exposée), résident français, c'était le seul et ça nous a fait beaucoup de mal", a-t-il dit.

Le rendez-vous du 20 mars 2009. Ce jour-là, Jérôme Cahuzac se rend à la banque Reyl, pour demander a et un départ de la Suisse. "Je ne m'attarde pas dans la rue, je marche les yeux baissés, je ne veux pas qu'on me reconnaisse", raconte-t-il à la barre. La banque lui propose de déplacer ses fonds à Singapour. Pour sa défense, elle assure qu'elle ne soupçonnait pas de fraude fiscale. "J'ai toujours eu la conviction qu'ils le savaient très bien, mais je ne leur ai jamais dit", reconnaît Jérôme Cahuzac.

"Tout ça, c'est du vent". Pour la première fois depuis le début du procès, l'avocat, Philippe Houman, a été interrogé. C'est lui qui a permis le transfert vers Singapour via des sociétés écrans. "Vous faites du vent, vous créez des choses fictives. La base d'une société, c'est un objet social, une réalité économique", attaque le procureur, en dénonçant des "coquilles vides".

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