Dans le Lot-et-Garonne, les électeurs votent pour tourner la page de l'ère Cahuzac

Des habitants de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), le 18 mai 2013.
Des habitants de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), le 18 mai 2013. (JEAN PIERRE MULLER / AFP)

Le premier tour de la législative partielle de la 3e circonscription a lieu dimanche. Francetv info explique quels sont les enjeux pour les candidats.

"A voté !" Depuis 8 heures et jusqu'à 18 heures, quelque 75 000 électeurs des 117 communes de la troisième circonscription du Lot-et-Garonne sont appelés à s'exprimer dans les urnes, pour le premier tour de la législative partielle. Leur vote doit permettre de trouver un remplaçant à l'ex-ministre socialiste du Budget, Jérôme Cahuzac, dont c'était le fief, à l'Assemblée nationale.

Que représente le premier tour de cette élection, dont les résultats sont attendus dimanche à partir de 22 heures ? Francetv info détaille les enjeux de chacun.

Pour le PS, éviter une troisième défaite

L'enjeu de ce scrutin est crucial pour le Parti socialiste, car il intervient après trois défaites électorales successives récentes. Dimanche 9 juin, le PS a perdu deux circonscriptions des Français à l'étranger, au profit de l'UDI et l'UMP. Et il y a trois mois, dans l'Oise, la candidate socialiste a été éliminée dès le premier tour, au profit d'une candidate du Front national.

"Il serait fou de croire que je suis confiant. Cela sera très serré", a déclaré dimanche le candidat socialiste Bernard Barral, en allant voter à Penne d'Agenais, village médiéval à une dizaine de kilomètres de Villeneuve-sur-Lot. Ainsi, pour éviter la débâcle, le PS a dépêché sur place dans la semaine son premier secrétaire Harlem Désir, et les ministres de l'Intérieur, Manuel Valls, et de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

Pour l'UMP, reprendre un siège au PS

Comme le Parti socialiste, l'UMP est sur le qui-vive. En 2012, Jean-Louis Costes, maire de Fumel, a été battu par Jérôme Cahuzac. L'ex-ministre avait alors remporté 61,48% des voix. Le candidat UMP aimerait donc prendre sa revanche.

Dimanche, après avoir voté, Jean-Louis Costes a estimé qu'une législative anticipée "c'est toujours une alchimie complexe : soit les bulletins s'éparpillent vers des candidatures hurluberlues soit, au contraire, on votera massivement pour les partis traditionnels". Il ne s'est pas risqué à donner un pronostic.

De son côté, Jean-François Copé, président de l'UMP, venu vendredi soutenir Jean-Louis Costes a également mis en garde les électeurs contre le vote Front national. "Voter FN - comme nous ne faisons pas d'alliance avec le FN - c'est donner un coup de main à la gauche", a-t-il dit. Il a aussi rappelé que son parti refusera toute alliance avec le parti de Marine Le Pen.

Pour le FN, s'imposer davantage

Le Front national n'est pas en reste. Lors du précédent scrutin, en juin 2012, Etienne Bousquet-Cassagne, candidat FN dans la deuxième circonscription du Lot-et-Garonne, avait obtenu 17,9% des suffrages, un chiffre record pour l'Aquitaine. Un résultat que ce jeune militant frontiste, âgé de 23 ans, entend améliorer à l'occasion de la législative partielle de dimanche. 

Pour les autres candidats, se faire entendre

Au total, dix-sept candidats se présentent à cette législative partielle, qui attire les convoitises. Au côté des partis traditionnels, comme le PS, l'UMP, le FN, le Front de gauche, Europe Ecologie - Les Verts, le Modem ou le NPA, se pressent des représentants de petits partis ou des candidats sans étiquette. 

Francetv info les avait rencontrés, le 25 mai. Pourquoi ont-ils décidé de se présenter ? Le candidat du Parti pirate et celui du Rassemblement du contribuable français profitent de l'affaire Cahuzac pour se faire entendre, ceux de l'Union populaire républicaine (UPR) et du Mouvement des libertariens pour faire la promotion de leur parti, et d'autres pour dénoncer les privilèges des députés ou lancer leur carrière politique.

Le rôle-clé de l'abstention

La plupart des candidats ont quand même un point commun : ils redoutent le fort taux d'abstention. La loi exige en effet de terminer premier ou deuxième du premier tour, ou d'obtenir les voix d'au moins 12,5% des inscrits, pour se qualifier au second tour, prévu dimanche 23 juin. C'est un challenge dans ce contexte de désamour de l'électorat pour la classe politique.

Le soleil et la chaleur dimanche autour de Villeneuve-sur-Lot, après des semaines de pluie, ne devraient pas contribuer à faire venir les habitants dans les bureaux de vote.

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