Affaire Bettencourt : Sarkozy, potentiel accusé, aurait reçu le procureur Courroye

Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye, le 7 octobre 2005 à Bièvres (Essonne).
Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye, le 7 octobre 2005 à Bièvres (Essonne). (JACK GUEZ / AFP)

Selon "Le Monde", Nicolas Sarkozy aurait rencontré le procureur à plusieurs reprises entre 2008 et 2011. Ce dernier était alors en charge du dossier Bettencourt, dans lequel était cité le chef de l'Etat.

AFFAIRE BETTENCOURT – "Une spectaculaire immixtion du pouvoir politique dans le cours d'une enquête judiciaire sensible qui menaçait directement l'Elysée". Voici comment Le Monde, qui révèle l'information vendredi 12 octobre, qualifie les rendez-vous entre Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye. Le premier est alors président de la République, et éclaboussé par l'affaire Bettencourt, confiée au second, procureur du tribunal de Nanterre. 

Entre septembre 2008 et mars 2011, Philippe Courroye se serait rendu au moins huit fois à l'Elysée, ce sont les agendas saisis par la justice qui le disent. "Le 20 juillet 2009, par exemple, l'agenda personnel de Nicolas Sarkozy, porte la mention '13h30 Ph C', quand l'agenda officiel ne fait état que d'un 'rdv privé' ", rapporte le quotidien d'après les compte-rendus de l'audition du magistrat à Bordeaux. 

Courroye nie toute ingérence

A chaque rendez-vous discret correspond un rebondissement de l'affaire Bettencourt : dépôt ou classement de plaintes, convocation ou avancée de l'enquête. Devant les trois juges d'instruction bordelais, Philippe Courroye nie toute ingérence de Nicolas Sarkozy ou tout échange d'informations compromettant. "Il ne faut pas interpréter les rencontres que j'ai pu avoir avec Nicolas Sarkozy", aurait-il répété.

Selon Le Monde, les magistrats soupçonnent Nicolas Sarkozy d'avoir cherché à "contrôler, voire étouffer, les investigations lancées après la plainte pour abus de faiblesse" de la fille de Liliane Bettencourt, "afin d'éviter un grand déballage". Philippe Courroye, lui, déclare connaître l'ancien président depuis une douzaine d'années et entretenir des relations "personnelles" via des rendez-vous "une à trois fois par an pour évoquer des sujets généraux et institutionnels". Selon une information du Figaro, il compte porter plainte lundi 15 octobre pour "violation du secret de l'instruction et recel". 

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