Un texto d'une journaliste a dissuadé Jérôme Lavrilleux de se suicider en pleine affaire Bygmalion

Jérôme Lavrilleux, lors d\'un point presse de l\'UMP à Paris, le 21 novembre 2012.
Jérôme Lavrilleux, lors d'un point presse de l'UMP à Paris, le 21 novembre 2012. (HAMILTON / REA)

Le député européen au cœur de l'affaire Bygmalion raconte au "Monde" comment un SMS envoyé par la journaliste de BFMTV Ruth Elkrief lui a permis de renoncer à se passer la corde au cou.

Un simple SMS peut sauver une vie. Pour Jérôme Lavrilleux, c'est un texto de la journaliste de BFMTV Ruth Elkrief qui lui a évité de se suicider, selon un récit fait par le député européen au Monde (lien abonnés), mardi 18 juillet. Pour le contexte, il faut se souvenir de l'interview de Jérôme Lavrilleux, les larmes aux yeux sur le plateau de BFMTV, se livrant à des révélations fracassantes au sujet de l'affaire Bygmalion, le 26 mai 2014.

L'ancien bras droit de Jean-François Copé avoue ce jour-là que des meetings de Nicolas Sarkozy ont été indûment facturés à l'UMP lors de la campagne présidentielle de 2012. Le soir de cette interview, Jérôme Lavrilleux n'est pas bien. Il prend la route en direction de l’Aisne et ne peut retenir ses larmes. Ses confessions télévisuelles viennent de changer sa vie. Son nom tourne en boucle sur les chaînes d'information en continu, sa famille est harcelée par les médias... Il est pris dans la lessiveuse médiatique.

Une journaliste brandit un micro sous le nez de mon père : 'Alors, ça fait quoi d’être le père d’un voyou ?' Bref, je suis en train de tuer toute ma famille…Jérôme Lavrilleuxdans "Le Monde"

"Il fera beau demain"

Le député européen poursuit son récit au Monde, la voix tremblante et les yeux humide. "Je me suis dit : 'Je n’en peux plus, j’arrête.' Chez moi, j’ai une grange, alors j’y suis allé. Là, j’ai pris une grosse corde, et je l’ai passée sur une poutre…" Il reçoit alors deux SMS. Le premier provient d'un journaliste de l'AFP qui lui demande de tenir bon. Il n'arrête pas son geste pour autant et commence un nœud coulant.

Le second message va lui sauver la vie : "Et puis, je reçois un texto de Ruth Elkrief [journaliste à BFMTV], qui me dit : 'Jérôme, ça doit être très dur, mais il fera beau demain.' Et là… Il fera beau demain… Cette phrase, je crois que toute ma vie, je ne…" Jérôme Lavrilleux marque une pause, pris par l'émotion, avant de conclure : "Et je laisse la corde sur la poutre. Ça s’est vraiment joué à pas grand-chose… " Le texto a été confirmé au Monde par Ruth Elkrief : "J’avais appris qu’il n’allait pas bien depuis l’interview, ça m’avait touchée."

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