L'UMP réclame 28,5 millions d'euros à Bygmalion

Le logo de la société Bygmalion sur son site internet, le 31 mai 2014.
Le logo de la société Bygmalion sur son site internet, le 31 mai 2014. ( MAXPPP)

Le parti dirigé par Nicolas Sarkozy a agi dans la plus grande discrétion, affirme "L'Express".

L'UMP réclame 27,5 millions d'euros et un million d'euros de dommages-intérêts à Bygmalion, dont la filiale Event & Cie aurait émis des fausses factures à son détriment pendant la campagne en 2012 de Nicolas Sarkozy, a affirmé son trésorier Daniel Fasquelle mardi 6 janvier à l'AFP, confirmant une information de L'Express.frSelon le trésorier, ces 27,5 millions d'euros correspondent à "des prestations payées non effectuées ou en décalage avec ce qui était demandé", avec un système de "double facturation et de facturations fictives".

"Au plan pénal, l'UMP s'est portée partie civile en juillet dernier dans le procès contre Bygmalion. Pour le moment, l'instruction est en cours", a rappelé Daniel Fasquelle. Au plan commercial, "la société Event & Cie ayant été placée en liquidation judiciaire, l'UMP devait, toujours pour préserver ses intérêts, déclarer ses créances. La date limite avait été fixée au 15 octobre. Le 10 octobre, nous avons donc déclaré notre créance (…)", a-t-il ajouté.

Un autre responsable UMP a affirmé à l'AFP que "soit l'UMP cautionne, soit elle considère avoir été volée et tente de récupérer son argent".

Le parti a attendu le dernier moment

L'Express relève que "l'UMP a attendu le dernier moment et agi dans la plus grande discrétion" pour se déclarer créancier alors que le délai arrivait à son terme. Une demande étonnante, alors que l'UMP est elle-même visée par l'enquête pour faux et usage de faux, abus de confiance et tentative d'escroquerie.

Des juges financiers enquêtent sur un système de double facturation mis en place afin d'imputer à l'UMP des dépenses facturées par une filiale de la société de communication Bygmalion. Elles auraient dû être prises en compte dans les dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012. Un dispositif dont les enquêteurs soupçonnent qu'il était destiné à dissimuler une explosion de son budget de campagne (plus de 39 millions d'euros, pour un plafond autorisé de 22,5 millions d'euros).