Copé et ses propositions sur la transparence créent le malaise au sein de l'UMP

Jean-François Copé, Alain Juppé et François Fillon, à Bordeaux (Gironde), le 3 mai 2012. 
Jean-François Copé, Alain Juppé et François Fillon, à Bordeaux (Gironde), le 3 mai 2012.  (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

Les ténors de l'opposition ont commenté avec prudence et embarras les annonces du patron du parti, qui souhaite déposer deux propositions de loi.

Des commentaires gênés. La contre-offensive de Jean-François Copé après les révélations du Point met les tenors de l'UMP dans l'embarras. Le patron du premier parti d'opposition a annoncé, lundi 3 mars, son intention de déposer deux propositions de loi visant à instaurer la "transparence" des comptes des partis politiques et des médias. En septembre dernier, le maire de Meaux (Seine-et-Marne) faisait pourtant partie des nombreux députés UMP – la quasi-totalité – ayant voté contre la loi obligeant les principaux responsables publics à déclarer leur patrimoine. Ce que n'a pas manqué de rappeler sur Twitter le député UMP de la Haute-Savoie Lionel Tardy, l'un des quatre élus de l'opposition à avoir voté pour.  

Laurent Wauquiez, qui avait également voté en faveur du projet de loi, prend Jean-François Copé au mot. L'UMP doit "lever les doutes tout de suite" sur ses comptes, a lancé le député UMP. "Montrons l'exemple et demandons dès à présent qu'un Commissaire aux Comptes indépendant fasse une mission rapide pour montrer que les dépenses de communication ont été facturées à des prix conformes aux usages", propose-t-il.

Fillon reporte la question à après les municipales 

Du côté de ceux qui avaient voté contre la loi sur la transparence, l'heure n'est pas à l'urgence, au contraire. François Fillon renvoie à après les municipales l'examen des propositions de celui qui fut son rival pour la présidence de l'UMP en 2012. "La priorité est le soutien des candidats de la droite et du centre pour infliger une lourde défaite à la majorité et forcer François Hollande à changer de politique", a fait savoir le député de Paris et ex-Premier ministre. 

Alain Juppé ne s'est pas montré plus soutenant. Si le maire de Bordeaux dit "comprendre l'irritation" de Jean-François Copé face aux "accusations dont il est l'objet", il estime que "mettre en cause l'ensemble des médias" est "toujours forcément un peu injuste".

Et d'ajouter : "Je constate qu'il existe des lois sur la transparence, appliquons-les dans toute leur rigueur, dans leur clarté. Et puis s'il faut les compléter, on verra." Même analyse du côté de Brice Hortefeux, vice-président de l'UMP, qui souligne que Jean-François Copé propose "de rendre publics des éléments qui sont d'ores et déjà examinés par la Commission pour la transparence".

"Je l'ai trouvé très tendu, la voix blanche"

Le vice-président de l'UMP, proche de Nicolas Sarkozy, qualifie par ailleurs de "personnelles" les propositions de loi du chef du parti, victime d'un "véritable harcèlement depuis des mois"

Même réserve du côté du député UMP Dominique Bussereau : "Je l'ai trouvé très tendu, la voix blanche. Il se défend, c'est normal qu'il se défende", a-t-il commenté sur France Culture. S'agissant des propositions de loi sur la transparence, l'ancien ministre des Tranports botte en touche : "Pour l'instant, c'est quelque chose qu'il a dit et dont nous n'avons pas parlé les uns aux autres au sein de l'UMP."

Vous êtes à nouveau en ligne