Affaire Bygmalion : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire

Le décor d\'un meeting de l\'UMP, à Paris, le 19 décembre 2012. 
Le décor d'un meeting de l'UMP, à Paris, le 19 décembre 2012.  (EDOUARD DE MARESCHAL / AFP)

Des juges financiers vont désormais être chargés de l'enquête après l'ouverture d'une information judiciaire pour "faux et usage de faux", "abus de confiance", "tentative d'escroquerie" et "complicité et recel de ces délits".

Des juges financiers vont être chargés de l'affaire sur les liens financiers entre la société Bygmalion et l'UMP, annonce vendredi 27 juin le parquet de Paris, qui avait diligenté une enquête préliminaire. Trois juges ont été désignés, dont Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke.

L'enquête préliminaire, ouverte le 5 mars et confiée à l'office anticorruption de la PJ, s'oriente désormais vers des soupçons de financement illicite par l'UMP de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Où en est l'affaire Bygmalion ?

L'affaire Bygmalion a déjà entraîné la démission du président de l'UMP, Jean-François Copé et de certains de ses plus proches collaborateurs. L'ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, a admis le 26 mai un montage de fausses facturations à l'UMP afin d'absorber une "dérive" des frais lors de la présidentielle pour un montant de l'ordre de 10 à 11 millions d'euros.

Selon des documents comptables de la filiale événementielle de Bygmalion, société de communication fondée par deux proches de Jean-François Copé, publiés par Mediapart, le dépassement s'élèverait à quelque 17 millions d'euros. Jérôme Lavrilleux affirme que la décision de mettre en place une double comptabilité a été prise avec quatre autres responsables de l'UMP et de la société au cours d'une réunion organisée après le second tour de la présidentielle de 2012. Mais il dédouane Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy.

Sur quels faits les juges vont-ils enquêter ?

Le parquet a requis l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "faux et usage de faux", "abus de confiance", "tentative d'escroquerie" et "complicité et recel de ces délits", selon le procureur, François Molins. Les investigations des juges porteront sur l'année 2012. Les dernières factures réglées par l'UMP à la filiale de Bygmalion l'avaient été en novembre de cette année, a expliqué un cadre de la société.

Les faits présumés de faux et usage de faux concernent les factures émises par Event & Co, la filiale événementielle de Bygmalion. L'abus de confiance concernerait lui le possible détournement de fonds au préjudice de l'UMP.

Quant à la tentative d'escroquerie, elle se réfère au fait qu'auraient été volontairement minorées les dépenses engagées à l'occasion de la campagne, afin de présenter des comptes susceptibles d'être validés par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, puis par le Conseil constitutionnel. Ces comptes n'avaient finalement pas été validés, pour d'autres raisons, ce qui explique le chef de tentative d'escroquerie et non d'escroquerie, a expliqué une source judiciaire.

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