Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy "ne pouvait pas ignorer" la "fraude"

Nicolas Sarkozy, le 20 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy, le 20 novembre 2016. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Nicolas Sarkozy a été renvoyé en correctionnelle mardi par le juge Tournaire dans l'affaire Bygmalion. La journaliste Violette Lazard revient pour franceinfo sur le rôle de l'ancien président dans l'affaire.

Nicolas Sarkozy a été renvoyé en correctionnelle mardi 7 février par l'un des deux juges chargés de l'enquête dans l'affaire Bygmalion. Il va devoir répondre du financement illégal de sa campagne électorale de 2012.

>> DIRECT. Affaire Bygmalion : Sarkozy et treize autres protagonistes renvoyés en correctionnelle

Violette Lazard, journaliste à L'Obs et auteure du livre Bygmagouille chez Stock, était l'invitée de franceinfo, mardi. Selon elle, le juge Serge Tournaire, dans son ordonnance de renvoi, considère que "vu sa connaissance des campagnes électorales, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ignorer que les frais dépensés étaient en train d'exploser le plafond. Et pourtant il a continué."

franceinfo : Nicolas Sarkozy était-il au courant du système des fausses factures ?

Violette Lazard : Dans l'ordonnance de renvoi, le juge ne dit pas que Nicolas Sarkozy a ordonné ce système. Ni qu'il était au courant ou qu'il a lui-même participé à l'escroquerie. Mais il en a bénéficié. Il l'a en quelque sorte adoubé. En signant ses comptes de campagne à la fin, il l'a validé. Ce que dit le juge dans l'ordonnance, c'est que vu sa connaissance des campagnes électorales, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ignorer que les meetings qui étaient menés, que les frais qui étaient dépensés étaient en train d'exploser le plafond. Et pourtant il a continué.

Deux juges s'occupent de cette affaire, Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke, et ils ne sont pas d'accord. Seul l'un d'eux a signé l'ordonnance de renvoi. 

Seul le premier juge saisi, Serge Tournaire, l'a signée. Cette situation particulière laisse à toutes les personnes renvoyées, dont Nicolas Sarkozy, la possibilité de faire appel de ce renvoi [l'avocat de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog, a confirmé mardi qu'il allait faire appel de l'ordonnance de renvoi]. Le juge Serge Tournaire estime qu'à partir du moment où le candidat a signé ses comptes, il les a validés. Donc il est responsable de la fraude massive et il ne peut pas s'en dédouaner. Le juge Renaud Van Ruymbeke, qui a moins travaillé sur le dossier, qui n'a pas mené toutes les auditions, estimerait que puisque Nicolas Sarkozy n'a pas été averti, il n'a pas fait d'acte positif pour dire "oui, faisons cette escroquerie", "oui je suis d'accord", pénalement, son renvoi est discutable.

Violette Lazard : "Non seulement il en a bénéficié [du système] mais il l'a adoubé"
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