Affaire Bygmalion : la signature de l'ex-trésorier "scannée" sur de fausses factures ?

Le député-maire (Les Républicains) d\'Aix-les-Bains, Dominique Dord, à l\'Assemblée nationale le 18 février 2015.
Le député-maire (Les Républicains) d'Aix-les-Bains, Dominique Dord, à l'Assemblée nationale le 18 février 2015. ( MAXPPP)

Selon "Le JDD", Dominique Dord a échappé à une mise en examen au printemps après avoir repéré quelque chose d'anormal au bas de vingt-cinq factures bidon : sa signature, "toujours la même", "comme si elle avait été scannée". 

Qui a signé les documents litigieux ? L'ancien trésorier de l'UMP Dominique Dord, député-maire d'Aix-les-Bains, ou quelqu'un d'autre ? C'est la question que se pose la justice dans l'affaire Bygmalion, ces 18,5 millions d'euros de fausses factures payées par l'UMP pendant la campagne présidentielle de 2012, ce qui vaut à treize personnes d'être mises en examen.

Selon le JDD, dimanche 20 septembre, Dominique Dord a échappé à une mise en examen au printemps après avoir repéré quelque chose d'anormal au bas de vingt-cinq factures bidon : sa signature, "toujours la même", "comme si elle avait été scannée". 

Interpellé, le juge Serge Tournaire a réclamé une expertise, dont les résultats sont tombés. "L'expert a identifié deux systèmes différents de signatures contrefaites, soit via une imprimante laser, soit via un système à encre bleue", écrit le JDD, citant "un ancien haut cadre de l'UMP". 

Un "système mafieux" au sein de l'UMP ?

Contacté par le journal, un des mis en examen commente, sous couvert de l'anonymat, cette forme d'imposture : "Dord avait donné son feu vert pour que l'on signe à sa place en cas d'urgence en son absence, mais exceptionnellement, et en étant prévenu ensuite. Ce que l'on découvre là est potentiellement très grave, comme si on entrevoyait un système mafieux au sein du parti." 

Pour tenter d'y voir plus clair, le juge Tournaire va organiser début octobre une réunion entre les cinq principaux protagonistes, tous mis en examen, qui ne se sont pas revus depuis plus d'un an, contrôle judiciaire oblige. Pour l'instant, leurs versions respectives des faits, très contradictoires, ne permettent pas de déterminer la chaîne de responsabilité dans cette affaire. 

Seront donc convoqués, selon le JDD : Jérôme Lavrilleux (ancien bras droit de Jean-François Copé), Guillaume Lambert (ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy), Eric Cesari (ancien directeur général de l'UMP), Fabienne Liadzé (ancienne directrice financière de l'UMP) et Franck Attal (ancien patron d'Event, filiale de Bygmalion).

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