Affaire Bygmalion : la charge de François Fillon contre Jean-François Copé

Le député UMP de Paris, et ancien Premier ministre, François Fillon, le 25 mai 2014 à Paris.
Le député UMP de Paris, et ancien Premier ministre, François Fillon, le 25 mai 2014 à Paris. ( MAXPPP)

Devant le bureau politique du parti, l'ancien Premier ministre a exigé, et obtenu, le départ  immédiat du président du mouvement englué dans une affaire de favoritisme.

Son discours résume tout ce que François Fillon pense de la présidence de Jean-François Copé depuis un an et demi. S'exprimant devant le bureau politique de l'UMP, réuni mardi 27 mai à l'Assemblée, l'ancien Premier ministre a exigé la "mise en réserve" immédiate de son rival, englué dans l'affaire Bygmalion. Départ qu'il a obtenu puisque Jean-François Copé a décidé de démissionner de la tête du parti peu après.

"Tu as affirmé que tu prendrais tes responsabilités, a lancé le député de Paris au patron de l'UMP, comme il le relaie sur son blogTa responsabilité est de te mettre en réserve  pendant la durée de l’enquête et de laisser une véritable direction collégiale conduire l’UMP jusqu’à un Congrès extraordinaire refondateur qui permettra aux militants de choisir une nouvelle direction et de débattre sereinement de notre ligne politique."

"Le climat de suspicion qui ronge notre parti"

La diatribe de François Fillon avait d'abord imputé en partie la responsabilité de la défaite de l'UMP aux européennes à un manque d'unité de la formation dirigé par Jean-François Copé, conséquence d'une incapacité du parti à "dégager une ligne politique claire" : "Chacun voit bien qu’il n’y aura pas de redressement national sans un très large rassemblement autour d’un profond changement de politique économique et social. Ce rassemblement ne peut pas se faire dans le climat de suspicion qui ronge notre parti."

L'ancien Premier ministre a également remis en cause la gestion politique de l'UMP. En décembre 2012, après un mois de crise sans précédent, les camps Copé et Fillon avaient négocié une direction partagée du mouvement, avec des vice-présidents issus des deux camps. Une illusion, selon François Fillon : "La direction collégiale de l’UMP mise en place à la suite de notre accord de décembre 2012 n’a jamais eu la moindre réalité."

"Qui est responsable de cet incroyable gâchis ?"

Pour finir, l'ancien candidat à la présidence du parti n'a alors pas mâché ses mots pour pointer du doigt, souvent par des questions directes, le patron de l'UMP : "Nous t’avons écouté avec attention, Jean-François, mais comment avoir confiance ? (...) Qui est responsable de cet incroyable gâchis ? Où est la vérité ?" Dans la foulée des attaques de ses proches, notamment celle d'Eric Ciotti, François Fillon a alors demandé à Jean-François Copé de céder la place à une direction collégiale. "Nous n’avons que quelques semaines pour sauver l’UMP du désastre."

Pour appuyer son discours, l'ex-Premier ministre a ensuite brandi la menace d'un abandon de navire s'il n'obtenait pas satisfaction à ses demandes : "Si elles ne l’étaient pas, je me retirerais des instances dirigeantes de l’UMP car je ne saurais cautionner une gestion qui conduit inexorablement à notre disparition."  Un acte qu'il n'aurait finalement pas à faire puisque Jean-François Copé a décidé de se retirer.

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