Bygmalion, Fillon, Wauquiez... Jérôme Lavrilleux passe l'UMP au kärcher

Jérôme Lavrilleux, alors directeur de cabinet de Jean-François Copé, le 22 novembre 2012.
Jérôme Lavrilleux, alors directeur de cabinet de Jean-François Copé, le 22 novembre 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

L'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé se confie au "Point" après ses révélations sur les montages financiers lors de la campagne de Nicolas Sarkozy. Sans langue de bois.

Après les larmes aux yeux et les aveux, les attaques. Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé et député européen récemment élu, a accordé une interview au Point, à paraître jeudi 5 juin. L'entretien intervient plus d'une semaine après ses déclarations à BFM, où il avoue que des "fausses factures" ont été établies "à la demande de l'UMP" afin de dissimuler les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, campagne dont Lavrilleux était le directeur adjoint. Francetv info revient sur ses dernières allégations au Point.

Sur Bygmalion : "Je n'ai rien à cacher, je n'ai pas pris de fric"

Après la perquisition au siège de Bygmalion, la société de communication accusée d'avoir réalisé de fausses factures à l'UMP, la police a découvert une double comptabilité, confirmant cette thèse. Jérôme Lavrilleux a déclaré assumer en partie la responsabilité des fausses factures. Il commente l'enquête en cours dont il fait l'objet.

"Quand les enquêteurs vont voir que je n'ai pas pris de fric, ça va être un problème." "J'ai acheté [ma maison] en 2006 [...] 400 000 euros. J'ai pris un crédit de vingt ans. J'ai 20 000 euros sur un livret A, 30 000 euros sur mon compte courant. J'ai 100 euros d'actions dans une société civile. Voyez, je m'en suis foutu plein les poches. Au bout de vingt-deux ans ­d'activité professionnelle ! Ils pourront venir retourner chaque latte de mon parquet, je n'ai rien à cacher, rien de rien."

Sur la campagne de Sarkozy : "Personne n'a eu le courage de dire stop"

Jérôme Lavrilleux, codirecteur de la campagne de Nicolas Sarkozy avec Guillaume Lambert, a toujours affirmé que ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-François Copé n'étaient au courant de ces dépassements de plafonds et donc de ces fausses factures.

"Personne n'a eu le courage de dire stop à Sarkozy." Je ne le voyais que lors des meetings. Le reste du temps, c'est Lambert [le directeur de la campagne du candidat Sarkozy] qui passait commande."

Sur l'UMP : "Wauquiez, c'est une raclure"

La parole visiblement libérée, Jérôme Lavrilleux en profite pour régler des comptes et livre ce qu'il pense des uns et des autres.

"Le problème dans ce milieu, c'est qu'il y a des gens morts de l'intérieur : Baroin, Juppé. Copé ne l'est pas. Fillon non plus, lui, il est complexé de l'intérieur, il est dans l'auto­-émasculation tout en ayant besoin de prouver sa virilité. Wauquiez, c'est une raclure. NKM, ce n'est pas une belle personne. Le Maire est très sympa et vivant, alors qu'il a l'air d'un poisson froid. Sarkozy, c'est le plus vivant de tous, mais à quoi ça sert ?"