Accord anti-Hollande entre dirigeants européens de droite ? Démenti de Berlin

Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti (30 janvier 2012)
Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti (30 janvier 2012) (PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP)

Les dirigeants allemand, espagnol, italien et britannique, tous de droite, se seraient entendus pour ne pas rencontrer avant la présidentielle française le candidat socialiste François Hollande, selon Der Spiegel. Berlin a démenti.

Les dirigeants allemand, espagnol, italien et britannique, tous de droite, se seraient entendus pour ne pas rencontrer avant la présidentielle française le candidat socialiste François Hollande, selon Der Spiegel. Berlin a démenti.

Une porte-parole du gouvernement allemand a démenti que quatre dirigeants européens de droite se soient mis d'accord pour ne pas recevoir François Hollande. Ce "pacte anti-Hollande" est révélé par l'hebdomadaire Der Spiegel dans son édition de lundi.

"Chaque chef de gouvernement européen choisit indépendamment si et comment il souhaite recevoir M. Hollande. En Allemagne, il n'y a pour le moment aucun rendez-vous de prévu" avec la chancelière Angela Merkel, a-t-elle précisé.

Un "pacte" anti-Hollande ?

Selon Der Spiegel, la chancelière Angela Merkel, le président du conseil italien, Mario Monti, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ont décidé ensemble de ne pas recevoir M. Hollande, en raison de son intention de renégocier le pacte budgétaire européen s'il est élu. Le Premier ministre britannique, David Cameron s'est joint à eux.

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a qualifié dimanche sur RTL cette attitude de "pression conservatrice inédite dans l'histoire de l'Europe", "tout à fait fâcheuse et préoccupante". "Et il faut se demander ce que Nicolas Sarkozy a fait pour que cette coalition se noue", a-t-il ajouté.


"François Hollande les rencontrera après, avec la légitimité du peuple français"

François Hollande "les rencontrera après avec la légitimité du peuple français s'il a été élu, mais c'est quand même un recul", a-t-il lancé, avant de conclure:
"En tout cas, Nicolas Sarkozy, qui se prétend le candidat du peuple, est avant tout le candidat des conservateurs, en France et en Europe."

"Angela Merkel en fait trop!", avait réagi dès samedi soir un des secrétaires nationaux du PS, Jean-Christophe Cambadélis, dans un communiqué.

D'après Der Spiegel, les dirigeants conservateurs européens sont "scandalisés" par l'intention déclarée du candidat socialiste de renégocier, s'il est élu, le
pacte budgétaire signé vendredi, qu'ils considèrent comme une pièce centrale du sauvetage de la zone euro.

Soutien affiché de Merkel et Cameron à Sarkozy

Le 6 février, Mme Merkel avait apporté son soutien à Nicolas Sarkozy après un conseil des ministres franco-allemand à Paris. "Je soutiens Nicolas Sarkozy sur tous les plans, car nous appartenons à des partis amis", avait-elle déclaré.

Il avait été également envisagé que Mme Merkel participe à un ou des meetings de M. Sarkozy.

Le 17 février, Nicolas Sarkozy avait eu aussi droit aux meilleurs voeux de David Cameron, lors d'un sommet franco-britannique. "J'ai la chance de pouvoir souhaiter bonne chance à mon ami dans la bataille qu'il va livrer", avait déclaré le Premier ministre britannique.

"Le soutien de David Cameron, moi, ça me fait plaisir", car "dans la période actuelle, qu'il y ait plus de gens qui disent du bien de moi que du mal, ça ne me gêne pas", avait réagi Nicolas Sarkozy.

François Hollande a eu du mal pour l'instant à rencontrer des dirigeants internationaux d'envergure. Il s'est déplacé mercredi à Londres, où il a vu le chef du Labour, Ed Miliband.

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