11-Novembre : Nicolas Sarkozy veut séduire la gauche

(Nicolas Sarkozy en meeting le 10 novembre 2015 ©maxPPP)

Nicolas Sarkozy assistera aux cérémonies du 11-Novembre ce mercredi à Paris. Invité chaque année depuis 2012, c'est la première fois qu'il accepte l’invitation de son successeur et cela n'a rien d'un hasard. Nicolas Sarkozy envoie des signaux aux électeurs de gauche.

La présence de Nicolas Sarkozy aux côtés de la gauche et de François Hollande, ce mercredi pour les commémorations du 11-Novembre, n’a rien d’un hasard. Elle relève bien d'une stratégie politique. L’ancien chef de l’Etat est un adepte du grand écart. Il a cité Jaurès pendant la campagne 2007. Huit ans plus tard il parlait d’une "fuite d'eau" à propos de la crise des migrants. Aujourd’hui, c'est bien sur sa jambe gauche que le chef de l'opposition s'appuie, à un mois des élections régionales.

Des attaques répétées contre Marine Le Pen 

Nicolas Sarkozy multiplie les signaux aux électeurs de gauche. Fin octobre, il passait un coup de fil au premier secrétaire du PS pour dénoncer d'une même voix l'invitation de Marine Le Pen à Des Paroles et des Actes . Depuis, ses attaques sont de plus en plus virulentes contre la présidente du FN. Il a également sanctionné Nadine Morano, privée de candidature aux élections régionales après ses déclarations sur la race blanche. Nicolas Sarkozy lance des appels du pied à la gauche.

 

Cette stratégie se développe aujourd’hui. Il passera son 11-Novembre avec François Hollande pour la première fois depuis 2012. Une courtoisie républicaine saluée par le patron des députés socialistes Bruno Le Roux :

 

"L’ancien chef de l’était doit pouvoir être convié et avoir toute sa place dans ces grandes cérémonies républicaines. Qu’il soit là, tant mieux."

 

Pour Nicolas Sarkozy, la stratégie est à double détente. Il vise d’abord les élections régionales : il essaye de récupérer des voix de gauche au 2eme tour pour faire barrage au FN. Il vise aussi la primaire des Républicains à l’élection présidentielle, il tente de séduire une partie des modérés qui se tournent vers Alain Juppé.

 

Mais tout le monde n'est pas convaincu par cette stratégie. Un baron de la droite parisienne est sceptique : "C'est une stratégie d'entre deux tours... L'amorcer maintenant, c'est se faire hara-kiri ".