Zarzis-Lampedusa, du rêve à la réalité

(Reuters)

REPORTAGE | Au moment de la révolution en 2011, des milliers de Tunisiens ont pris le bateau pour Lampedusa en Italie. Deux ans plus tard, la traversée reste un rêve tenace malgré les drames en mer. Etienne Monin, envoyé spécial de France Info, s'est rendu à Zarzis, ville littorale tunisienne d'un peu moins de 150.000 habitants, où les candidats au départ sont nombreux.

"Ils ont c oulé par 48 mètres de fond, à trois heures de Lampedusa ". Farouk Bel-Hiba se dit "brisé comme une poterie ". Son fils de 17 ans et son beau-frère ont péri en tentant la traversée des côtes tunisiennes à l'île de Lampedusa, au sud de l'Italie. Farouk Bel-Hiba n'a jamais retrouvé le corps de son fils.

Un drame partagé par de nombreuses familles de migrants clandestins venus des régions les plus pauvres du globe. Ces vingt dernières années, entre 17.000 et 20.000 d'entre eux sont morts en essayant de gagner le sud de l'Europe par la mer, selon un décompte des ONG. 

Au moment de la révolution, les passages pour l'Italie étaient presque une industrie à  Zarzis, une ville littorale du sud-est de la Tunisie à moins de 10 heures de bateau de Lampedusa. Aujourd'hui encore, cette envie de départ est toujours présente. La revolution laisse les jeunes sur le carreau. Les migrants donnent l'impression d'avoir reussi...